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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 10:14

Ma parole, vous allez croire que j’en veux mortellement à ce pauvre Dickens, mes belins-belines ! Certes non – qui suis-je, d’abord, pour porter des jugements aussi sots que grenus sur l’un des plus grands écrivains du XIXème siècle ? Mais que voulez-vous, rien ni personne ne peut m’empêcher de comparer avec les grands de chez nous à la même époque, et malheureusement la comparaison ne se fait jamais qu’à son désavantage, même si chez les nôtres aussi il faut faire de l’élagage et du rajeunissement : avec lui ça ne suffirait pas ! J’ai tenu à aller jusqu’au bout de ma lecture de « Barnaby Rudge », qui pour moi était une première. Combien de fois ne me suis-je pas gourmandée de cette obstination sans joie, de cette opiniâtreté qui ressemblait à un pari ! Je croyais pourtant, avec ce roman historique traitant des émeutes contre les papistes menées à Londres pendant quelques jours en 1780, m’avancer en terrain solide. Las ! Rien ne m’a charmée ni intéressée le moins du monde… Les intrigues annexes greffées sur ce fond de tableau sont mièvres, sans tenue, souvent risibles ; les caractères conventionnels, mal dessinés, sans progression valable s’il s’agit de faire faire volte face aux personnages dans leur comportement en famille. Les bandits, de la plèbe ou d’un ou deux crans au-dessus, sont ridicules, nantis de tics de langage et de mentalités sans aucune vérité qui sont délayés sans pitié pour le lecteur. Quant aux scènes de foule – on pense à Zola, à Flaubert, à Hugo – elles sont consternantes, leur traitement est répétitif, gauche, sans dynamisme, elles qui devraient envelopper et entraîner le déroulement de l’intrigue première jusqu’à une conclusion plus ou moins cosmique. Las de nouveau ! Et les dialogues improbables, aux répliques interminables, bavardes, lassantes ! Et la maladresse des interventions de personnages secondaires, des évolutions peu crédibles de sentiments, le tout au milieu des larmes et des sanglots – tout cela pour finir dans les réjouissances puisque les couples sont formés, le simple d’esprit sauvé du gibet in extremis et la suivante indélicate remerciée… Ouaff Ouaff Ouaff ! Mes belins, mes belines,  n’allez pas là-bas (comme on disait en 14 quand on était réfractaire au service armé).

 

 

 

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