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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 14:25

      Plusieurs années après leur sortie en salle, je me paie le bonheur de voir un de ces films-cultes qu’on nous présente comme tels, du moins. Souvent c’est une bonne douzaine de saisons plus loin, et j’ai ainsi le privilège de ne pas céder aux engouements de l’immédiat, au risque de passer pour paysanne du Danube au moment de leur pleine vogue, alors que je sais que tout le monde les a vus et en parle avec autorité. J’ai attaqué – c’est vrai ; je m’y suis à chaque fois mise comme si je me lançais en opération de commando – « Le Mépris » de Godard, sans vraiment progresser d’une fois à l’autre, en m’ennuyant comme c’est pas possible et sans dépasser les trois-quarts d’heure lors de la dernière épreuve, à peine même. J’ai résisté à la vague Almodovar avec rigueur, tout ce que j’en voyais par petits bouts non prémédités m’en détournait  farouchement. De temps à autre j’en regarde, le plus souvent j’en étrille, le jugement affiné sans doute par une longue pratique et un sens du relativisme dû à mon grand âge. C’est ainsi qu’hier soir j’ai voulu reposer mes yeux d’une longue séance de lecture    en regardant « Talons aiguilles ». Film-culte,  disait le catalogue. Oh mes belins-belines, j’aurais dû être fixée dès le générique, violemment coloré, d’un mauvais goût absolu – c’est peut-être le pire que j’aie jamais vu. Mais ensuite…Moi je n’ai rien contre la recherche du père, ou de la mère, par un enfant devenu adulte qui souffre de ne pas savoir. La seule question est savoir comment cette recherche s’effectue, et où. Je crois que le réalisateur est obsédé par la curiosité concernant le pouvoir de procréer des travestis : déjà une fois (il y avait aussi une jolie religieuse enceinte ; était-elle la fille d’un travesti ou avait-elle été séduite par lui?) la question était posée sous forme de devinette, le changement de sexe après la conception ménageant le suspens auprès du spectateur un peu ébahi au moment des règlements de compte. Ici encore grosse surprise quand le juge d’instruction se révèle, sans ses postiches nobles (barbe et moustache) et sous ses postiches frelatés (faux seins, corset et longue chevelure), être le travesti qui a mis en route la progéniture de la jeune femme accusée du meurtre de son mari. C’est peut-être vérifié physiologiquement, mais c’est grotesque, invraisemblable, même pas intéressant au plan psychologique. C’est ça, alors, Almodovar ? Et ses femmes sont si moches, si moches…Je ne me laisserai plus induire en horreur, promis !

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