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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 08:49

 

Je me sens parfois si tranchante dans mes jugements que par égard pour les titres marqués trois étoiles et considérés comme chefs-d’œuvre intouchables je me force à une indulgence de façade qui implique au moins la vision du spectacle in toto  avant de prononcer la sentence. J’ai donc revu Gilda, hier soir, avec Glenn Ford engoncé dans son smoking comme Chirac dans un simple complet, avec la grande rousse qu’on se m’l’arrachait en son temps et qui paraît-il réserverait encore des petits frissons poussiéreux aux amateurs de gants noirs interminables. J’ai retrouvé – bien oubliée – une intrigue faussée dès le départ sur le thème de Je t’aime à jamais donc je te hais, dans un cadre de casino et riches appartements en blanc et or comme il se doit, se terminant comme un mélo à la Siodmack après la mort du bienfaiteur empêcheur de danser en rond. Et quant aux contorsions irrésistibles de la dame, danse du ventre en trois exemplaires différemment vêtus mais tous pudiquement cachant le nombril sous les flots de plis de mousseline, les pieds risquant à chaque instant de s’entrabucher (comme on dit chez moi), les jambes allant de ci de là sans trop savoir où se fourrer, les bras ballant selon la gymnastique du bas du corps, pas une posture pour racheter l’autre… est-il possible que les foules se soient portées transportées au-devant de ce chef d’œuvre absolu il y a 70 ans ?On frisait même le conflit international avec le cartel du tungstène et cet Allemand grand seigneur qui n’était pas un nuisible , le scénario avait veillé à tout…J’ai déjà esquinté La Dame de Shangaï il y a peu, on va croire que j’ai une dent contre cette grande rousse triste : la vérité, c’est qu’on a eu tort de lui faire jouer n’importe quoi.

 

 

 

           

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