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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:26
     Mais bien sûr que oui, mes belins-belines! Si fort que je vous sois attachée, si chaude que soit la place que je vous réserve en mon coeur, vous auriez tort de vous imaginer que dès l'oeil ouvert et la comprenette un peu éclaircie je ne pense qu'à vous. Mille regrets si je déçois certains d'entre vous par cette déclaration qu'ils vont peut-être trouver cynique : elle a comme d'habitude chez moi le mérite de la franchise. A peine mes pantoufles enfilées, à peine le café en train, le ravitaillement des fauves commence. Peut-être bien qu'ils me mordraient, en s'y mettant à eux tous, si je ne tenais pas compte de leur ventre vide...Mais précisément j'en tiens compte! Il y a le choix de nourritures, et croyez moi celles-ci n'ont rien de spirituel : croquettes sèches, pâtée, bouchées mijotées, sachets tout préparés, il faut de tout pour faire un monde et surtout pour satisfaire tout mon monde. Aller au charbon est pour cette tâche-là une nécessité à laquelle je ne peux ni bien entendu ne veux me dérober. Et ça prend du temps, je vous l'assure, car il faut veiller au grain, surveiller les goulus, aller supplier les minettes qui font le héron de la fable, voire les aider à protéger leur ration des incursions des plus rapides. C'est seulement après ces rassasiements collectifs que je peux passer à autre chose. Mais une fois de plus, mes belins-belines, pas encore tout de suite à vous. Vous, je sais que vous avez à faire de votre côté (ne venez pas me dire que vous êtes suspendus à mes propos de telle manière que vous êtes prêts à défaillir si je vous fais attendre trop longtemps; j'aurais trop de mal à vous croire) . Il y a d'abord à faire le tour du courrier reçu, tri époussetage suppressions multiples, tout de même une infime parcelle à conserver : et s'il y a des réponses à donner d'urgence cela passe avant vous, mes belins-belines, des gens qui s'adressent à moi à visage découvert et avec leur nom vous pensez si c'est sacré (vous n'avez qu'à en faire autant et vous verrez bien). Et puis ma gymnastique pratiquement quotidienne : écrire aux têtes pensantes qui nous gouvernent ce que je pense d'elles. Je sais leurs adresses par coeur, celles pour la poste, celles par courriel, le nom de leurs sécrétaires, mais je suis sûre que maintenant ils me connaissent aussi, vu la fréquence de mes envois - toujours très corrects naturellement, sans faute de français ni d'orthographe, mais disant bien ce que parler veut dire. C'est seulement après que je m'occupe de vous, mes belins, mes belines, mais sachez que je vous garde pour la bonne bouche. C'est pas quelque chose, ça?

                                                                                                          Lucette DESVIGNES;
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