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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 13:20

            L’argent de poche octroyé par mon arrière-grand-mère, le dimanche matin, à l’ouvrier potier qui dormait dans la grange faisait l’objet d’une transaction à tonalité peut-être amicale, mais non dépourvue de la sévérité du contrôle patronal. « Patronne, j’veux dix sous ! » disait le brave homme. – « Dix sous ! Qu’est-ce que tu veux faire avec dix sous ? Tiens, tâche de les rapporter ! ». Naturellement, il ne rapportait rien (sauf probablement une bonne biture), car l’argent de poche est précisément fait pour ne pas être contrôlé. Vraiment ? Il semble que ce soit le cas pour nos députés : dès qu’on dit « argent de poche », c’est la porte ouverte à toutes les libertés. Surtout si votre argent de poche se monte à 6.412 Euros : en théorie cela s’appelle une indemnité pour frais professionnels, mais il faudrait les limiter à l’exercice de la profession, donc justifier ses dépenses. Or comment le faire ouvertement si vous vous en servez pour passer un Noël avec toute la famille sous les tropiques ?  ou vous livrer à des séances d’hypnose ? Il faudrait, en toute bonne foi, accepter le contrôle par l’Etat des dépenses prises sur ce budget. On pourrait donc croire que des députés et ministres qui ont dès le premier jour d’entrée en fonction accepté de diminuer d’un tiers leurs émoluments  (oh ! les braves gens ! on en mouillerait sa larme si on ne se retenait pas) vont également décider que le contrôle de l’argent de poche sera légal. Mouais ! Pas question… Vous savez combien ils étaient pour voter cette loi ? 24, mes belins-belines, 24 favorables au contrôle des dépenses de leurs menus plaisirs, 24 qui jugeaient raisonnable de n’affecter cette indemnité qu’au seul défraiement de leurs déplacements. Autrement dit, l’argent de poche de nos élus reste de l’argent de poche ; les 154 autres présents (qui étaient venus pour être sûrs que le projet de loi ne passerait pas) se sont prononcés avec vigueur pour le statu quo. Quant aux absents, ils savaient bien qu’il n’y avait aucun danger de voir passer la loi : depuis quand des députés seraient-ils assez nigauds pour réclamer des bâtons pour se faire battre ?

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