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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 08:53

            Cela se passe en plusieurs phases, prudentes, précautionneuses, doucereuses, toutes semblables d’une association caritative à une autre – preuve qu’elles ont trouvé un bon filon et surtout la bonne technique. Au début on vous remercie humblement : sans vous rien ne peut se faire, avec vous tout est possible (les populations affamées sont nourries, l’eau fraîche coule partout, vous construisez des villages sur les ruines des tsunami et autres agents dévastateurs,  vos vaccins sauvent de la mort des millions d’enfants). De quoi vous rengorger, vous devinant ainsi autant indispensable. Puis (tactique passagère, car elle vous fait toucher du doigt l’indigence de votre aide) on vous signale qu’avec un euro vous pouvez sauver un enfant de la mort pendant une semaine, un mois, un an ; vous imaginez donc ce que vous pouvez faire en en donnant 10, ou 100 (et qu’est-ce que c’est donc pour vous, ça ?). Puis on vous conseille le prélèvement automatique : ainsi plus de frais de courrier pour les uns, moins de relances agaçantes pour les autres. Et certes pendant un moment ça va mieux : les ponctions sont faites régulièrement, tout baigne. Seulement cette relative accalmie ne dure pas. Les sollicitations se font insistantes, reprennent de plus belle : on sait bien que vous donnez chaque mois, mais si vous donniez à titre exceptionnel, hein ? pour un puits, pour des prothèses, pour des hôpitaux de campagne, pour des semences, pour une reconstitution de cheptel ?  Enfin – nous en sommes là, mais il y aura peut-être encore autre chose derrière – enfin ne pourriez-vous pas donner plus chaque mois puisque vous avez déjà pris l’habitude du prélèvement ? Et certes on vous remercie, mais du bout des lèvres à présent, parce qu’on ne voit plus ce que vous faites et qu’on ne voit plus que ce que vous ne faites pas. Je comprends bien qu’ils sont tous un peu aux abois, de moins en moins aidés par le haut et dévorés par les urgences et le prix des denrées par le bas. Mais tout de même, mes belins-belines, tout de même…

                                                                                                 Lucette DESVIGNES.

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