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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:42
 

        Je vous parlais de brouillards hier. J’ai bien envie de vous raconter l’aventure arrivée à une de mes amies qui habitait Ealing, une banlieue de Londres, par une journée sans histoire où le temps plutôt invitant l’avait décidée à aller à la rencontre de son mari à la station de métro la plus proche. Quinze cents mètres tout au plus, itinéraire sans complication, débutant par une assez longue avenue de pavillons tous semblables, avec haie et portillon en bordure de trottoir  et  cour-jardinet à traverser pour atteindre la porte d’entrée. Départ sans problème. Presque arrivée, déjà en vue de la station, elle se trouve soudain enveloppée de tous côtés, pratiquement empaquetée, d’ouate blanche plutôt sale, en tout cas d’une opacité incroyable : l’œil ne traverse pas, l’individu perd tous ses repères, ne sachant plus, dans la minute, dans quelle direction il s’est tourné, où il faudrait continuer sa marche. L’odyssée – le retour à Ithaque, le retour au bercail – commence, telle une plongée dans … le lait ? Non, ce n’était pas liquide. Le saindoux ? Non, ce n’était pas solide. Alors, comme une partie de colin-maillard, les regards aveuglés, personne pour vous guider. Mon amie finit par se retrouver, après des errances et des chutes (on trébuche quand on ne peut pas voir les pièges du sol, rebords de trottoirs ou nids de poule), au bout de son avenue, qu’elle va suivre en tâtonnant les deux mains en avant, suivant les haies, ouvrant les portillons, butant sur les trottinettes, tricycles, patins à roulettes ou jouets épars pour pouvoir atteindre le seuil et sonner aux portes, demandant à chaque fois à quel numéro de la rue elle se trouve. Regagnant son Home, Sweet Home  en plus d’une heure, arrivant les bas déchirés, les genoux couronnés, marquée à vie par l’expérience…Le mari, lui, parti de la station peu après elle, trop habitué à l’itinéraire pour s’abaisser à tâtonner des deux mains, avait dépassé leur maison et s’était perdu plus loin…Je ne sais pas si les inquiétudes mondiales des deux dernières décennies quant à la pollution ont eu quelque effet sur la purée de pois londonienne, mais pareille aventure a de quoi vous dégoûter de la pea soup pour jusqu’à votre dernier jour.

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