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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 18:35
     Dans Marivaux on dirait avec infiniment plus de grâce (même au niveau paysan; je vous l'assure) : " ça n'est point le tout d'avoir un pourpoint s'il y manque les manches". Manière de faire comprendre à un maître peut-être réticent qu' un petit acompte est mieux que rien mais que cela ne suffit pas à vous protéger du froid.. En mon cas, la grâce fait défaut, je vous le concède. Toutefois l'intention est tout aussi finaude : ce n'est pas le tout de vous avoir annoncé la reprise, il va bien falloir maintenant que je m'exécute. Et vous savez avec quelle honnêteté je vais m'atteler à la tâche, malgré les aléas domestiques d'un retour par-dessus les fuseaux horaires. Avec en outre un chat opéré d'un énorme abcès qu'on a dû endormir, qu'on m'a ramené muni d'un gros pansement qu'il s'est empressé d'arracher en se sauvant dans le jardin sous une pluie battante et en restant sourd à mes appels. Il est revenu après 24 heures de fugue, trempé comme une soupe, la balafre et ses fils ouverts aux regards et à ses dents. J'ai essayé en vain de lui remettre un autre pansement, puis de lui enrouler autour du ventre du crêpe velpeau -  résultat mes mains ressemblent à des terres fraîchement labourées. Tout de même, nous sommes arrivés à un compromis intelligent, il a parfaitement compris que je ne lui veux pas de mal et que de son côté il ne faut pas qu'il me fasse de peine : donc je l'ai laissé lécher la zone interdite, d'autant qu'il n'a jamais touché la suture de sa langue (j'ai vérifié qu'il débarrassait son pelage de toutes les odeurs de clinique qui le rendaient malade et hargneux). Je continue donc à surveiller  (Touche pas à tes fils) et peut-être devrai-je encore intervenir, mais il dort paisiblement, bien repu (ça compte), la blessure en évidence (ça ne lui fait pas de mal de s'aérer), et je le maintiendrai près de moi cette nuit pour qu'il ne tire pas sur son catgut. Vous voyez   néanmoins que je ne poursuivrai point aujourd'hui sur les raisons d'être ou de ne pas être des imparfaits du subjonctif : ils peuvent attendre que j'aie l'esprit un peu plus libre. Vous attendrez bien aussi, j'imagine, d'ailleurs c'est peut-être comme un bon vin qui s'améliore encore en vieillissant. Si vous ne pouvez attendre jusqu'à demain, je vous en prie téléphonez-moi : je réponds toujours quand  la grammaire se trouve en péril ou quand quelqu'un se languit d'elle. A demain de toute façon.
                                                                                                                            Lucette DESVIGNES.
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