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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 11:31

Outre le divertissement pour les yeux qu’ils vous offrent si vous aimez les fleurs, les catalogues de jardinage démontrent aussi un sens de l’enflure, de l’augmentation, de l’exagération qu’un Zola, un Ionesco, voire un Céline dans ses grands élans de lyrisme seraient loin de désavouer. Vous pourriez imaginer qu’ils se contentent de magnifier un peu, par la beauté des photos, l’effet que devra produire dans votre jardin telle plante à l’attirance de laquelle vous avez du mal à résister : ainsi les lilas de Californie, dont on vous exhibe des touffes d’inflorescences compactes alors que (et je ne me plains pas : j’en ai deux rejets qui viennent avec une vigueur admirable, ils auraient du mal à faire mieux) les fleurs frisées aux couleurs chatoyantes viennent au bout des branches et en aucun cas ne peuvent constituer des masses en continu. De même les tapis de crocus, touffus au point de presque décrire des motifs tant les fleurs se touchent - alors que les centaines de bulbes que j’ai plantés en quelques années  sur quelques mètres carrés  tendent le nez avec bravoure mais en gardant leurs distances, comme on disait dans mon enfance au début des séances de gymnastique. Bon, il y a cet aspect-là : photos plus belles que la réalité, et ça n’est déjà pas si mal. Mais l’enflure, qui dans ce domaine commercial et non littéraire s’apparente davantage au bourrage de crâne qu’à la recherche stylistique, apparaît à présent de manière systématique. Cela avait commencé il y a deux ou trois ans avec les fruitiers nains sur lesquels vous pouviez dès la deuxième année compter pour faire vos confitures – inattendu mais bellissime. Et cela continue, c’est de plus en plus gros à avaler : plantez des safrans, à la maturité vous prélevez les filaments rouges, votre récolte vous fournit pour des années. Et vous savez si c’est onéreux, cette épice-là. On ne suggère pas que vous pourriez en revendre, mais quand vous voyez l’épaisseur de la collecte dans la jatte à pistils, on ne peut qu’être frappé par la quantité, du coup on se met à envisager la culture à grande échelle, c’est ce que j’appellerais volontiers la reprise de la croissance: allez-y gaiement et qu’on s’en sorte une bonne fois !

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