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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:53

            Ce serait trop de dire que je me sens, en cette veille de millième, aussi palpitante qu’une candidate à sa veille de bachot. Je n’ai tout de même pas à vérifier si ma mémoire est en bon ordre de marche,  si je maîtrise mes nerfs, si mon stylo est bien rempli et n’a pas ses becs cassés (vous voyez que malgré moi je me replace en contexte juvénile, je veux dire de ma propre jeunesse : car  qui donc a encore un stylo de nos jours ?). Je ne sais d’ailleurs pas du tout ce qu’elles peuvent avoir comme souci une veille de bachot, ces grandes filles qui ont l’air de femmes et  dont beaucoup sont fardées : je n’en crois pas mes yeux quand, au hasard de photos jaunies, je nous retrouve, toutes celles de ma classe de première, avec des blouses bises froissées et sans grâce et des chaussettes aux élastiques souvent défaillants. Pas étonnant qu’alors il ait été nécessaire d’expliquer par l’étymologie ce que « sex appeal » voulait dire, sans laisser à l’instinct le pouvoir de se faire comprendre tout seul. Mais pour en revenir aux palpitations internes en tout genre des veilles d’examen, je dois avoir oublié ce qu’on pouvait ressentir en pareil cas. En tout cas je n’en ressens point (même si, à dire le vrai, je me suis embrouillée dans mes comptes ces trois derniers jours et n’ai même pas été capable d’attribuer à chaque blog son numéro d’ordre – un comble tout de même ! pour autant dois-je mettre cela sur le compte d’un bégaiement d’émotion ? j’en doute : c’est seulement mon inaptitude d’adulte à tout calcul au-delà de dix – et même encore ! – qui me joue des tours). Autrement, n on : pas trop d’émotion, mais une espèce de contentement qui dépasse la vanité. Car il vous mêle à moi, mes belins-belines : sans vous je n’en serais pas là… Voyez la force de pareil aveu, qui coupe court à toute tentative de fausse gloriole ! Mais l’esprit malin, toujours aux aguets celui-là, me souffle : « Eh bien, et sans toi, donc, les belins-belines en seraient-ils jamais arrivés à l’existence ? Est-ce que ce n’est pas toi qui as tout fait dans cette aventure ? ». De quoi faire gonfler mes plumes de jabot une fois de plus… Moi qui trouvais que pour cette millième il serait bon que je fisse (oui, fisse) la modeste,  je vois bien qu’à force de fausse modestie je vais  en arriver à la vanité pure et simple…

 

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