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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 10:12

 

     On le sait bien : le Ministère des Finances, dans sa grande largeur d’esprit et sa naturelle disposition aux largesses, a boutiqué les taxes et redevances de telle manière que le brave peuple (quand il dispose chaque mois de davantage que de sa pension minimale réduite) se sente en quelque sorte obligé de contribuer à la charité publique dont l’Etat se détourne ostensiblement, sous prétexte qu’il a des rafales, des drones, des tanks et des sous-marins atomiques à acheter pour son petit musée de la défense. Donc le poids de la charité ou de l’entraide repose sur ce brave peuple. Bénévolat des associations pour nourrir, abriter, réconforter, soigner : qu’est-ce qui se passera lorsque les bénévoles auront été usés jusqu’à la corde, et seront peut-être morts de désespoir devant l’énormité d’une tâche que seul un état pourrait mener à bien – ou, disons, à mieux – s’il voulait bien prendre le taureau par les cornes ? En attendant, avec plus ou moins de maladresse, chacune des associations caritatives a battu le rappel des bonnes volontés de manière spécialement pressante ces derniers mois. A grand renfort de diagrammes et croquis, pour certifier par la minceur de sa tranche de camembert qu’elle dépense le moins possible pour les contacts avec les donateurs, et en même temps pour bien persuader les donateurs que plus ils donneront, moins ils paieront d’impôts. Oui, on le sait : on peut retirer de sa douloureuse le montant de ce qu’on a donné (ou, à vrai dire, une partie de ce qu’on a donné) avec des calculs de 75% ou 66% à vous donner mal à la tête. D’ailleurs les associations vous calculent votre prêt-à-donner : 37€ vous coûtent en réalité 9€,25 ; si vous voulez vous fendre de 37€, il faudrait verser 148€… Les malheureuses sont bien obligées de dorer la pilule pour convaincre, toutefois c’est un peu urticant de s’entendre dire que « votre don de 50€ ne vous coûte réellement que… ». Et c’est triste de devoir mélanger le désir d’aider ceux qui sont dans le besoin et les calculs à faire avec papier et crayon.

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