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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 10:39

 

 

          Les superlatifs pleuvaient dans Télérama pour ce film de Fred Astaire où chaque plan était un morceau de comédie musicale et réglé si impeccablement qu’il s’enchaînait avec le plus grand naturel dans le récit  d’ensemble. Dieux ! Et quel récit ! La danseuse amie de la femme de l’impresario mais qui ne connaît pas l’impresario prend Fred Astaire pour lui, le gifle alors qu’elle l’aime déjà en coup de foudre mais croit qu’il est en train de trahir sa femme : il faudra   cinquante minutes pour arriver au bout de cette intelligente intrigue, à grand renfort de gondoles en carton pâte dont le valet a vidé le réservoir pour les faire « dériver vers le large, dans la nuit et la brume » (mais rassurez-vous : ils reprennent tous pied sans problème sur le quai de leur hôtel vénitien). J’ai rarement vu plus bête, même en sortant de Bons Baisers de Russie. Que ce soit fait de manière à multiplier les occasions de danse (en particulier Cheek to Cheek que j’avais déjà vu en morceaux choisis sans en conserver un souvenir impérissable), je le veux bien : des films de danse ne sont pas fait pour tourmenter les neurones, il faut seulement accepter pour les claquettes les horribles souliers plats vernis, le nœud papillon avec le smoking blanc, et le faciès immuablement souriant (et souriant bête) d’un acteur qui ne sait jouer qu’avec ses pieds. Et tout ça finit par vous couper l’enthousiasme à zéro. Je ne comprends même pas qu’à douze ans on puisse s’en emballer. Je sais bien que ce serait injuste de rappeler qu’en 1935, l’année de ce film, King Kong avait déjà fait délirer les foules (à juste titre) – mais tout de même, au milieu de ces plumes d’autruche et de ces fanfreluches, de    cette pâtisserie en blanc Majeur, on devrait avoir une pensée pour Singing in the Rain,  pour ses trois danseurs éblouissants sur d’autres rythmes que le fox-trot de grand-papa, pour une intrigue intelligente qui tient gentiment la route avec son cachet historique…C’est par comparaison avec les concurrents qu’on obtient son diplôme de navet, sans ça ils sont tous des auteurs de chefs d’œuvre…

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