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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:11

            C’est un peu par hasard que je suis tombée sur ces pages, j’ai eu plaisir à les exhumer. Tout ce qui célèbre la force et la souveraineté de l’imagination m’exalte – ce sera toujours la supériorité  indiscutable de l’écriture romanesque sur la documentation ou l’actualité, sur le  journal ou la recherche historique. Dans ces évocations d’atmosphères enviables dont Clair de Nuit analyse le mécanisme, il y a toute une variété. Le plus facile est sans doute de faire triompher la lumière et le soleil sur la maussaderie du jour : « Il suffit, un jour de brume, de penser à Saint-Cimourdain * par une matinée de juin : tout m’arrive en vrac, les couleurs, les parfums, la chaleur tonique de l’air, la joie de vivre ». Mais on peut aussi se concentrer pour nier l’effet pervers de la chaleur sur un malade : «  C’est plus malaisé de détruire la canicule et de lui substituer une fraîcheur de soir d’avril ; c’est pourtant faisable…La senteur des bois aussi râpe la peau. Je pense à des mois de septembre, où l’odeur de champignon flotte sur les feuilles tombées, où la main posée à plat sur le tapis de mousse fait affleurer l’eau en nappe, où l’on dérape au moindre faux-pas, où le silence même sécrète des bruits de gouttes. Fraîcheur délicieuse des gouttes secouées à pleine main le long d’une branche souple, tombant en averse, glissant le long du dos comme une caresse. Tout baigne dans cette fraîcheur, tout est fraîcheur. Il faut même fermer sa vareuse, relever son col… ». A mon  tour et à ma façon j’expérimente les petits exercices de magie que j’avais permis à mon héros d’utiliser pour son confort : en recréant en esprit (pour l’oreille de mon cœur bien sûr) la douceur berceuse de la chorale qui accompagne les noces d’un couple exilé de Serbie tâchant de s’enraciner en Angleterre (je me trouve avoir vu l’épisode deux fois de suite par le caprice de la distribution), voilà que je fais renaître pour m’y baigner cette ambiance délicate, affection chaleureuse de ceux qui accueillent, fraîcheur et tendresse des mariés perdus dans leur rêve. Je revois la scène, je m’y glisse, c’est comme si j’avais été invitée au mariage.

 

* La maison de campagne au jardin rempli de roses.

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