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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:42

 

            Il serait, me semble-t-il, insuffisant de terminer ce si bref survol du comique prélevé dans quelques films champions sans faire réflexion sur les niveaux d’existence du rire et de l’hilarité devant tel ou tel spectacle. Je me souviens d’avoir ri (mais le spectacle était pour moi dans la salle) des réactions faciles de mes parents ou de leurs amis devant des films que je considérais – déjà – comme lamentables : des  chefs d’œuvre de débilité avec Fernandel au pire, ou avec Bach (celui, naturellement, des comiques troupiers : il sévissait entre les deux guerres) aux vingt-cinquièmes dessous du septième art. En revanche,  Laurel et Hardy ne les faisaient pas rire du tout, ils ne comprenaient rien ni à leur fréquente rage de destruction ni à leurs grosses blagues – et ce, à une époque où je les aimais pour cette étrange philosophie de la vie qu’ils pratiquaient entre brimades et faux succès, même si leur dénonciation des tares et exploitations de l’homme de leur temps n’était que de l’eau de rose à côté de celle d’un Charlie Chaplin qui, lui,  avait su trouver son créneau. Je me rappelle qu’une semaine, désireux d’accroître le public du Ciné Club dont mon mari et moi nous occupions activement, nous avions invité une association de retraités de l’enseignement à venir assister à une de nos séances. Il est vrai que le choix aurait pu être meilleur, sans doute plus déterminant. Tout de même, le « Cette sacrée vérité » que nous leur présentions avait du charme, et quand on le voit pour la première fois on s’amuse assez finement. Ah malheur ! Les critiques allèrent jusqu’à la rupture,  au lieu de la fusion espérée. On ne plaisante pas sur le divorce, c’est du plus mauvais goût d’en donner cette image gentillette, et puis les sous-titres vont trop vite, contentons-nous donc des films français, et puis qu’est-ce que c’est que cette manière de se marier devant un vieux bonhomme qui n’est même pas un religieux ?  etc. Pas un rire n’avait fusé dans la salle, il y avait eu souvent des murmures. Conclusion : le potentiel  comique d’un spectacle est rarement perçu et célébré  de la même manière par des générations différentes, et si Kulturica déroute  voire rebute certaines tranches de population, peut-on garantir que les   jeunes de demain seront toujours sensibles à ce qui a fait rire leurs aînés d’aujourd’hui, blagues, films, livres, bons mots ? J’en doute, oui j’en doute…

                                                                                                Lucette DESVIGNES.

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