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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 09:29

            « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés », disait La Fontaine. C’est bien vrai qu’il parlait d’ « un mal qui répand la terreur », et pas de l’amour de l’argent, mais tout de même il s’agit d’une contagion à laquelle nul n’est censé rester indemne. Cet amour de l’argent qui est devenu la clé des comportements humains, qui conditionne tout, qui explique tout, il faut bien reconnaître qu’à part quelques Diogènes accrochés à l’inconfort de leur tonneau (et vous devinez, mes belins-belines, combien peu il y en a, en plus de moi) l’ensemble de nos populations contemporaines se rue sur les pactoles qui, scintillants ou secrets, passent à leur portée de manière miraculeuse ou tout simplement frauduleuse. Des professions inédites voient le jour, aux noms anglo-saxons comme de juste, et toujours évocateurs de ramassage de pèze, de brassage de valeurs et fausses valeurs, de trafic sur les devises, les changes, les marchés, de filouterie sur les cotes en bourses et les délits d’initiés. Il y en a sans doute bien d’autres que je pourrais citer si je les connaissais. Ce que je voudrais seulement dire aujourd’hui, c’est que pas  un ne semble capable d’y résister. Les donneurs de leçons les plus convaincants, doués des trémolos dans la voix les plus émouvants, se trouvent rattrapés un jour ou l’autre au détour d’un procès (même s’ils l’ont gagné) ou au sortir d’une affaire. Ici on passe l’éponge sur des passés chargés dont la mise en lumière coram populo (oui, devant le peuple, pour une fois mentionné comme témoin d’un jugement équitable et pas seulement comme bas de laine à vider) a miroité pendant des années pour faire patienter jusqu’à une tardive justice  : en fin de compte, pas question, la maladie innocente le délinquant. Là c’est l’incarnation du droit, de la fierté, de la noblesse qui, s’extirpant d’une première affaire, se retrouve coincé le lendemain même du jugement pour des histoires de valises. Oui, des valises qui circulaient depuis des lustres, pleines de dollars (car ce fut longtemps considéré une valeur sûre).et qui franchissaient les mers et les océans pour atterrir en douce à Matignon ou à  l’Elysée. C’est heureux qu’on le sache enfin, dit ma voisine. Certes, ce n’est que justice et c’est bien la moindre des choses, mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est heureux : malgré moi je m’en sens couverte de honte et je me demande bien pourquoi.

 

 

 

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