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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 11:24

 

            J’ai eu longtemps, affichée à la porte de mon bureau à l’Université de Saint-Etienne, une photo dont l’amer symbole me paraissait résumer ma fonction dans l’univers. Sous un ciel d’hiver bas et lourd, un champ allongeait ses sillons frais labourés à l’infini. Pas un oiseau dans ce morne paysage, pas la moindre trace de végétation. Seuls ces sillons, preuve d’un labeur opiniâtre, bien alignés bien parallèles, de la belle ouvrage rien à dire – et cette aléatoire promesse de récoltes futures, bien cachée, sans garantie aucune. J’y trouvais un certain réconfort à travers mille épreuves en tout genre, le réconfort qu’on peut trouver à se réciter les deux derniers vers de « La Mort du Loup » - ce qui au fond n’est qu’un réconfort bien relatif, plutôt une constatation d’un enlisement dont l’arrêt n’est pas pour demain, quels que soient les efforts déployés pour s’arracher à ce marasme… Du même coup, je pense à tous les poèmes que j’ai écrits sur le marasme, le naufrage, la désespérance, la noyade, l’abandon de la lutte. Je vous disais hier que le printemps ne me réussissait pas si bien que ça : en pleine angine,  vous voyez que le moral ne s’améliore pas. J’espère, j’espère que lundi les choses se seront arrangées et que le beau fixe se remettra en place. A lundi !      

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