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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 09:47

 

            Une théorie sur le blog et son bon usage vient de paraître sur « Libé » : j’en prends pour mon grade au passage. Non que j’aie une conception du blog quotidien désuète, ou farfelue, ou inclassable voire illisible. Pas du tout, mes belins-belines, vous le savez tous, vous qui me suivez (peut-être pas toujours avec facilité ni palpitation) jour après jour. Vous savez que l’actu y passe, les problèmes de fond se mêlant (toujours à ma manière et selon mon style s’entend) à mes humeurs, le cœur vaste et généreux (je cite), la raison raisonnante quand elle a quelque chose d’intelligent à dire (je cite derechef).Eh bien, mes belins-belines, tout cela ne suffit pas pour être remarqué.  Puisqu’il y a si peu d’écrivains qui se risquent sur le terrain glissant du blog… Je suis peut-être noyée dans la foule des romanciers qui écrivent comme tout le monde, je ne suis en tout cas pas un écrivain dont le nom résonne (je recite). C’est vrai, je ne fais pas de bruit, je me débats en solitaire (même si mon obstination est d’une qualité assez rare, avouez), je n’éveille que peu d’échos, ceux que je lis chaque matin ne me lisent pas, m’ignorent, ignorent mon existence et mes activités, écriture ou pas. A la fin de l’année, c’est vrai, je n’ai pas d’éditeur pour rassembler mes feuillets divers, j’en fais moi-même des paquets où j’écris la date, qu’ils restent sur Internet ou disparaissent n’a aucune espèce d’importance, les écrits sur le vent n’ont jamais compté pour   l’inscription en bonne et due forme au grand livre de l’écriture publique. C’est vrai encore, je réserve mes forces vives pour les chantiers derrière les palissades, que la démolition des échafaudages révèle à la lumière tous les dix-huit mois ou à peu près (surtout s’il a fallu un bon nombre de pages), mais même alors qui me lit ? Si je ne donne pas mes ouvrages,  personne n’ira-t-à eux, à la différence de Mahomet et de la montagne qui ont entre eux une interactivité bien connue. C’est là un panorama bien attristant pour moi, convenez-en. Je ne pourfends pas les hélicoptères ravageurs de sieste, mais je démolis le Beidbeger (son nom d’abord, lui ensuite) assidûment. Il me semble qu’on devrait m’en tenir compte. Eh bien nom, mes belins-belines, on ne m’en tient pas compte.

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