Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 08:49

            Je me demande toujours comment, dans les familles recomposées qui semblent constituer la normale (si l’on en croit les commentaires et statistiques des médias) les enfants des diverses provenances s’entendent, se supportent,  voire comment ils se sentent au fond d’eux-mêmes. Mère de remplacement, père au loin, affections et préférences d’origine traversées par le regroupement avec une autre progéniture… il doit y avoir des occasions incessantes pour les adolescents de se sentir frustré, lésé au chapitre tendresse, incompris ou délaissé, bien vite même abandonné ou négligé, et je ne suis pas sûre du tout que la formule nouvelle Un + trois plus Une + deux ou quatre aboutisse à une somme rondelette et joyeuse de  sept ou neuf individus tous réjouis et heureux du mélange. Curieusement – ou est-ce une illusion de ma part ? – j’ai le sentiment que dans les sitcom censés représenter la vie quotidienne au plus près la tendance serait plutôt d’œuvrer en vue de la reconstruction de la cellule familiale presque comme elle se dessinait au départ. La famille pakistanaise qui, dans l’EastEnd londonien, se déchirait et s’émiettait (le fils aîné a délaissé sa femme pour vivre avec un ami gay, le père calomnié par son frère toujours amoureux de sa belle-sœur a été chassé du domicile conjugal, la mère sous l’influence maléfique du beau-frère est sur le point de le suivre au Pakistan) semble tenter de se remettre en ordre de marche : le fils aîné apprend qu’il est devenu père après la séparation (voui, c’est comme je vous le dis), il a le coup de foudre pour cette petite fille donc envie de reprendre la vie commune donc il va quitter son ami gay ; la mère s’apaise de le voir rentrer dans le rang donc se tourne avec compréhension vers le père qui revient à la niche pour le premier anniversaire du bébé, célébré strictement en famille où les repères anciens se retrouvent sans peine… Mais là aussi, n’est-ce pas une vision utopique de la réalité voulue par la série ? Peut-on si facilement recoller les morceaux ? effacer les meurtrissures et les plaies ? oublier les souffrances, les questionnements douloureux, les déchirures ? Et les dissensions qui ont une première fois abouti à la décomposition de la cellule vont-elles avoir disparu parce qu’un peu volonté se fait jour dans les relations entre individus ? Je reste sociologiquement sceptique – et sans doute aussi la série va-t-elle rebondir après quelques grands moments d’euphorie…

 

Partager cet article
Repost0

commentaires