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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:51

 

          De temps à autre, mes belins-belines, je redoute de vous apparaître comme un vieux juge   grincheux qui sous le poids de l’âge ne trouve rien de bon et qui pousse la mauvaise foi jusqu’à démolir sciemment et méticuleusement des œuvres quelles qu’elles soient que le reste du monde encense ou a encensées. Témoin ma gêne en face de ce pauvre Dickens, que je n’arrive pas à aimer alors  qu’à plusieurs reprises je me suis mise dans la peau d’un vigoureux défenseur de ses couleurs. On dirait presque qu’il suffit de me    vanter quelque réussite pour que je dégonfle les enthousiasmes – comme si c’était de ma part une ligne de conduite dont je ne voudrais pas varier. J’ai revu La Dame de Shangaï, connue depuis des lunes mais non revue  de fraîche date. Les trois étoiles, sans m’impressionner, indiquaient tout de même qu’il s’agissait là d’un monument de notre patrimoine cinématographique – las ! que de naÏvetés, de choses mal faites ou mal conçues, dans ce film ! Après tout, s’il avait été boudé et ridiculisé à sa sortie, il devait y avoir quelque raison… Mais la promenade philosophique de ce marin aux grosses joues qui ne se mêle pas à ce quatuor de requins tout en les accompagnant en croisière jusqu’à l’extermination finale est d’un ridicule achevé. Les scènes « réalistes » du début, entre matelots, sont débiles (et les aperçus de la population, par exemple dans le public du procès sous forme de vieilles femmes hystériques, m’ont navrée par leur débilité). Même la fameuse scène finale de la fusillade à travers les miroirs se trouve gâchée par les agonies grotesques qui lui succèdent…Mes belins-belines, ne me dites pas que vous avez  trouvé le film digne d’être appelé chef-d’œuvre, ou alors défendez-le avec vigueur : ça aussi ça me plairait !

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