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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 09:35

 

 

            Car, mes belins-belines, le gang des imposteurs est à l’affût, prêt à bondir pour profiter de la moindre occasion. Editeurs avec leurs auteurs affidés, ou auteurs avec leurs éditeurs complices, ils fonctionnent en belle harmonie, leur disposition d’esprit commune n’étant pas littéraire ni esthétique, mais financière et avidement tournée vers le résultat concret. Je les compare aux promoteurs, aux aguets pour le moindre morceau de terrain, capables de mettre le feu à des forêts pour pouvoir exploiter le champ de ruines. C’est dire qu’ils  ne plafonnent guère haut dans mon estime, mais qui suis-je pour m’ériger en critère, en étalon du goût et de la qualité ? On me renverra toujours à mes chères études, voire aux raisins verts bons pour des goujats. Ce qui ne m’empêchera pas de continuer vaillamment mes prospections, celles en tout cas des rapports entre romans-coqueluches et leurs lecteurs, puisqu’ils semblent si automatiquement se diriger les uns vers les autres et se trouver pour « faire affaire », copains comme cochons et heureux de cette belle amitié. Il y a toujours eu des romans de gare, éventuellement porno sur les bords et ne fatiguant pas la cervelle ni par l’originalité de l’intrigue ni par celle du style : le public qui lui était fidèle se démarquait sans peine, il ne cherchait pas à s’accroître, car au-delà il s’agissait de littérature et c’était alors un terrain différent. Maintenant que le roman de gare est érigé en étalon comme le mètre du pavillon de Breteuil à Sèvres, ses auteurs, ses fabricants plutôt, se voient offrir les récompenses qui autrefois  étaient réservées aux orfèvres en la matière : prix qui vous étiquettent à jamais, place d’honneur dans les jurys, participation à des chroniques autorisées où vous prenez la stature de Salomon… Ce qui ne nous apprend rien sur la collusion entre les auteurs tarés et leurs éditeurs triomphants, mais on pourrait aller plus loin et envisager le cas des tarés intellectuels et celui des tarés moraux – même disposition d’esprit sans doute mais de degrés de vilenie différents. Allons-y, et n’ayons pas peur de remonter à contre-courant, souquons, souquons ferme !

 

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