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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 08:19

 

            Des lambeaux de chanson me trottent par la tête depuis deux ou trois jours – en général ce sont plutôt des symphonies ou des concertos, des deuxièmes mouvements surtout (amples, vastes, recueillis, brassant tant de choses), mais il se trouve qu’en même temps qu’Elena et les Hommes se programmait tout récemment  j’ai reçu un prospectus vantant la chanson française sous son aspect le plus ringard, avec Piaf  tout de même sous toutes les coutures pour relever le niveau. Si bien que j’alterne, en boucle, Mon Légionnaire et Ô Nuit, donne-moi un amant. Ce que j’entends, naturellement, ce sont ces deux voix étonnantes, chacune dans son registre et son genre, toutes les deux capables de vous tirer des larmes si vous vous laissez un peu faire. L’une poussée au maximum, maximum de hauteur, maximum de force, se brisant dans le mineur, s’épanouissant dans le Majeur, vibrant sur ces « r » traînés au fond de la gorge. Et l’autre toute en retenue parce que tellement puissante, comme s’il s’agissait avant tout d’empêcher les éclats, la forçure, le bruit…Se glissant entre le mineur et le Majeur, dans ses vibrations lentes qui m’évoquent irrésistiblement les ondulations paisibles des touffes de laîches où se caressaient les tanches au vivier de mon père, dans ses raclements délicats où le vibrato paraît opéré à la main, dans ses graves qu’on suit  si profond qu’on en a presque mal. Je suis gâtée ce matin, ne me plaignez pas… Et je n’ai jamais entendu dire que Piaf ou Gréco avaient eu envie de changer de nationalité. Et vous, mes belins-belines ?

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