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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 10:02
     La décision de mettre un terme à sa dégradation absolue en mettant en avant son dropit personnel à l'ultime liberté - celle de choisir sa mort - est certes une décision tragique, peut-être la plus tragique qui soit. Et si elle réclame un courage né de la réflexion lucide et prolongée de l'individu, elle a également des chances de devoir lutter contre la décision des proches, qui espèrent toujours qu'un nouveau remède sera trouvé dans les prochains jours et qui refusent d'avancer le déchirement de la séparation définitive, alors qu'en même temps ils se révoltent de constater que rien en l'état actiuel des choises ne peut empêcher la transformation d'une individualité familière en débris douloureux, dépendant des autres pour la moindre fonction et peu à peu sans contact avec eux. La série BBC dont j'ai tiré mes réflexions d'aujourd"'hui, après avoir présenté la rébellion du mari dans son refus de voir sa femme disparaître, peu à peu l'amène à comprendre que ce serait une sorte d'égoîsme de sa part de vouloir à tout prix conserver près de lui une présence si douloureuse et si désireuse de garder sa dignité jusqu'au bout. A l'héroïsme de l'épouse va répondre l'héroïsme du mari, puisqu'il renonce finalement à vouloir cette survie à tout prix et sera même l'aide ultime que l'épouse réclame. Il est évident qu'en limitant au couple le nombre des personnages inclus dans la douleur de cette tragédie, l'épisode à la fois accroît l'intensité du déchirement et permet peut-être une arrivée plus facile au con- sentement commun. Il reste que cette fin de vie à la fois si poignante et si digne s'est produite en dehors du cadre de la famille, et que le fils, confronté à ce deuil, va se révolter contre "l'égoïsme" de la mère. Nous tâcherons de remettre les pendules à l'heure dès demain.
                                                                                                                         Lucette DESVIGNES.
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