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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 11:16

     C'est impressionnant comme ça : pour un peu les autres croiraient que vous êtes dans les secrets des Kabalistes (abracadabra, Sésame ouvre-toi, etc.). Et pourtant ça n'est qu'un exemple de grammaire au temps où on faisait du grec en quatrième :" si tu cherches, tu trouveras", ce qui donne, traduit au plus près :" si tu chercheras, tu trouveras" - à l'époque c 'était  une découverte étonnante qu'on pût ainsi malmener les temps de verbe, Par la suite, quand on voit que les autres langues méditerranéennes ont les mêmes réflexes, on se fait tout petit. En tout cas, juste au moment où je me pressais le crâne à deux mains en serrant fort afin d'en extraire, fût-ce en purée, une vague idée de titre pour aujourd'hui, je bute sur ce terme de titre avec une surprenante récurrence : évaluation des titres du CAC40, les meilleurs titres de l'année littéraire (liste à prendre avec pincettes, suspicion et nécessité d'aller énergiquement corriger les erreurs de tir des officiels de la chose qui, avec peut-être les meilleures intentions du monde, dérapent souvent avant la fin de ladite  liste), bulletin trimestriel de l'émission "A plus d'un titre..." - tout cela se présente ce matin à mes yeux éblouis, et du même coup j'entends la voix de ma mère se plantant devant D'Astier de la Vigerie parlant hebdomadairement sur les étranges lucarnes : "A quel titre parle-t-il, celui-là? Qui l'a appelé pour nous faire part de son sentiment sur le train du monde?" (Elle pouvait se faire virulente, et je ne cherche pas trop d'où j'ai pu tirer mes envies de mordre, je crois que je sais).  Il y avait aussi, refrain de la famille, le titre d'actions "Mexican Eagle" qui était échu en partage à ma mère à la mort de ma Babouchka, l'Oncle Robert très au courant des valeurs ayant généreusement attribué aux autres les paquets de "Mexican Eagle"   en gardant pour lui, je pense, les Air Liquide. Et c'était devenu la grande plaisanterie de demander à mon père ce que le titre cotait dans son journal; le titre ne faisait que baisser, mon père s'en gaussait lui-même car il avait bien compris que mon oncle le roulait mais sa dignité ne lui permettait pas de discuter de la valeur de ces monnaies capitalistes, lui qui ne mangeait pas de ce pain-là. Il y a aussi le titre d'alcool des vins de garde et celui des "aliqueurs fortes" comme disait mon arrière-grand-mère nivernaise, le titre d'or ou d'argent dans les bijoux, les titres universitaires... Suffit : il est grand temps de tirer l'échelle. A lundi, bon dimanche, ne surmenez pas vos minets.

                                                                                                         Lucette DESVIGNES.

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