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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:00

 

 

            En ces temps de turbulences électorales (on finirait volontiers par ne plus allumer la télé tant on est tourneboulé par les kyrielles de commentateurs devineurs expliciteurs de tout poil qui se succèdent sur le petit écran), lesquelles turbulences ont connu récemment un sommet d’intensité avec trois heures presque de combat au couteau, en un face-à-face qui ne pardonnait pas, je juge utile (si ce n’est pas le cas pour vous, mes belins-belines, j’en suis désolée, mais je vous assure que c’est de bonne hygiène) je juge utile, donc, de vous raconter une petite histoire vécue par quelqu’un qui me l’a rapportée. Le cadre : une petite ville d’Afrique. L’époque : celle de l’après-colonialisme, quand l’empire colonial de la France s’est émietté (pas de trémolos s’il vous plaît, pas de regrets inutiles, ne sortez pas vos mouchoirs vous là-bas) et que, avant la grande débandade des bonnes occases telle qu’on la connaît actuellement, des citoyens sans mérite reconnu se sont expatriés quelques années, le temps de se constituer le magot nécessaire pour revenir au bercail construire leur maison et même un petit cabanon pour la pêche à la truite du dimanche). Les personnages : un jour d’élection municipale, d’une part le scrutateur français, d’autre part les inscrits tout fiers de voter. Petit entretien juste avant le vote : « Quel papier faut prendre ? C’est çui-la qu’est le bon, M’sieu ? – Non, c’est celui-ci ; celui-la n’est pas bon, ne te trompe pas ! Mais tu dois prendre les deux papiers, c’est la loi, on ne doit pas savoir pour qui tu votes. » Passage à l’isoloir, puis : « A voté ». Second échange l’enveloppe bleue une fois dans l’urne,  en chuchotement de reconnaissance et clin d’œil de complicité : « Merci de m’avoir donné le conseil, M’sieu. J’ai mis le mauvais à la poubelle et je garde le bon dans ma poche, c’est pour me porter chance ».  Dans les tout premiers temps du cinématographe, on appelait ça l’arroseur arrosé.

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