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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:52

 

 

 

            C’est sans doute dans la dernière partie de sa carrière – il faudrait le vérifier, mais c’est probable – que Miss Marple se lance dans les enquêtes virtuelles, autrement dit en spéculant sur des mobiles ou des incidences invérifiables parce que passés, à partir d’un détail concret relevé par hasard. Autrement dit, en faisant fond sur l’imagination, l’intuition, presque la divination, toutes choses qui éventuellement peuvent avoir leur utilité dans une enquête habituelle mais dont toutefois il serait plus raisonnable de se méfier – « Imagination, maîtresse d’erreur et de fausseté », disait Pascal (et il disait ça bien avant la constitution officielle des procédures judiciaires et de leur fonctionnement boiteux). Il a fallu du temps pour que l’idée soit reprise dans le domaine des investigations policières ; mais cela s’est développé, a prospéré, s’est imposé : combien de séries nous amènent à spéculer sur ce qui s’est passé autrefois – il y a quinze ou vingt ans, voire davantage – pour qu’en résultent un cadavre ou un squelette déterrés fortuitement ? Ces réouvertures d’enquêtes se sont mises à fleurir dans tous les répertoires nationaux : Cold Case, Affaires classées, Silent Witness, Wake up the dead…Les séries américaines et britanniques surtout se livrent à ces activités  rétrospectives, mais l’Australie ne se laisse guère traîner en remorque : le facteur ADN bien servi par de merveilleuses et intrigantes machines y joue un rôle prépondérant. Ce sont d’ailleurs, à noter au passage, des équipes bien soudées et bien rodées qui empoignent à bout de bras la résolution des mystères passés : n’en concluons pas pour autant que le règne des Barnaby, Morse, Murdoch, Luther, Caïn… ait du plomb dans l’aile ! Ce serait une grossière erreur…

 

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commentaires

S
Je suis de ceux, rares, que les enquêtes policières, exigeant de nous des raisonnements logiques, ennuient (ainsi, "Millenium" pour le peu que j'en ai lu).<br /> <br /> Par contre, alors que les romans policiers autres d'Agatha Christie me laissent très indifférents, précisément parce qu'ils appellent à faire fonctionner nos petites cellules grises, la vieille<br /> Madame Marple, avec son air de ne point y toucher, avec ses observations d'ingénue du village (cachant un redoutable esprit allant au fond des choses) m'a toujours fasciné : avec elle, je ne me<br /> sens pas astreint à cette gymnastique mentale qui me pèse, et j'entre dans le domaine de la fantaisie, régulée par le bon sens et par la recherche de la vérité ; Miss Marple est, de tous les<br /> personnages traditionnels du roman policier, celui qui m'enchante le plus.<br /> <br /> Et comme il peut être délicat de prendre sa tasse de thé, derrière ses rideaux, dans un cottage anglais, cependant que l'on évoque, incidemment, divers événements, apparemment sans importance -<br /> "Vous reprendrez bien un petit cake ?" -, faits anodins d'apparence, émaillant la vie du village, et entrouvrant des perspectives sur les tréfonds humains.<br /> <br /> Oui, Miss Marple, je l'adore. Miss Marple nous introduit d'abord à une atmosphère ; et cela, l'atmosphère, est ce qui m'importe dans un roman noir.<br /> <br /> <br /> --- Et bises à vous, Madame Desvignes !!!
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