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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 09:57

 

 

            Il m’arrive parfois – pas très souvent, mais tout de même – d’indiquer sur les enregistrements de mon ordi « Sans titre jusqu’à présent ». Cela concerne naturellement des textes non destinés au blog, début de nouvelle ou de conte, peut-être même démarrage d’un roman, pourquoi pas ? – ou tout aussi bien le ratage total, le bégaiement de la forme dont il est malaisé de s’extirper parce que précisément la pensée, ou l’idée force, ou l’inspiration, se mettent l’une ou l’autre à pédaler dans la choucroute. Après deux ou trois reprises pleines de bonne volonté (pleines de curiosité aussi : non seulement je veux voir combien de temps je tiendrai à tripoter ainsi un embryon de texte récalcitrant, mais encore je veux voir, bou diou, comment ça va tourner, se désenchevêtrer, s’éclaircir, prendre forme – vous n’avez pas oublié, je l’espère, que je suis sans cesse avide d’histoires, de situations embrouillées qui se désembrouillent, de situations simplissimes et limpides qui s’épaississent, s’assombrissent, se compliquent, quelquefois même jusqu’à tutoyer l’hémoglobine ; j’ai l’air d’être au volant des machines de la fabrication, en réalité je suis certes au premier rang, mais c’est au premier rang des spectateurs, faut pas vous imaginer que je suis consciente de la manière dont se déroulent mes récits, j’attends souvent en salivant que ça évolue, que ça se décante, que ça se mette en branle, je suis la première au courant bien sûr mais souvent la première surprise) après, donc, deux ou trois reprises pleines de bonne volonté (c’est vrai, j’avais laissé ma phrase en plan, mais avouez que ce n’est pas bien difficile de se retrouver sur ses pattes – ou bien c’est-il que vous êtes restés un peu demeurés ?) j’abandonne la lutte, j’en reste là, dans une choucroute où je pédale non pas allègrement mais sans joie. Je vous dirai demain (si j’y pense) ce que je fais de ces chétifs avortons au cas où l’imagination la plus triomphante m’éclaire de nouveau s’il m’arrive de contempler ces débris. A demain donc, tous à vos postes !

                                                                                        Lucette DESVIGNES.

                                          

 

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