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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 09:50

 

             Le principe monarchique semble adopté-adapté sans problème dans les républiques de notre style : le roi règne et gouverne, entouré de sa cour où tous les privilèges d’argent, de relâchement de mœurs, de malversations vont bon train  (je repense, par exemple,  aux baignoires aux robinets en or de M. Toubon quand il était ministre,  autant le sanitaire d’une dictature  bananière ou d’un émirat pétrolier – j’en passe et des meilleures). Que dire donc du délire s’emparant des foules fidèles à leur famille royale depuis des siècles ? Les grandes occasions servent au bon peuple d’outre-Manche à manifester son attachement au principe politique de là-bas : couronnements, jubilées, mariages royaux ou princiers, cérémonie de rentrée du Parlement en  octobre, anniversaire de la reine en juin (pour être sûr qu’il ne pleuvra pas : le vrai jour de naissance de la reine est en avril, à quinze jours près j’aurais pu naître à Windsor ou à Balmoral, vous pensez si je suis au courant) …  tout est prétexte à renouer ces liens féodaux auxquels ce même brave peuple ne voudrait renoncer pour rien au monde. Le mariage du futur roi d’Angleterre a eu là-bas un  retentissement dépassant de beaucoup le folklore que nous pouvions y voir depuis notre rive de Manche. La masse des fidèles avait quelque chose d’impressionnant, comme son bon ordre et sa docilité à obéir aux consignes de déplacement. J’ai été frappée d’en voir l’écho au niveau populaire chez mes EastEnders : les Union Jacks installées partout, sur les tables de cafés ou de restaurants, dans les rues et pas seulement sur les bâtiments publics, c’était de la petite bière. Une vraie explosion tricolore. Mais en outre, au niveau  mimétisme, un phénomène ahurissant. Que les petites filles, pour regarder la cérémonie sur des écrans géants de télévision, s’habillent en blanc et en grande robe,  s’accrochent un voile dans les cheveux avec diadème assorti et jouent au mariage en imposant à leur copain ou à un grand frère complaisant le port d’une couronne dorée, passe encore : ce n’est pas une Chalonnaise dont le Carnaval a rythmé l’enfance qui va s’étonner. Mais que dire lorsque cette frénésie se répercute au niveau des jeunes filles et jeunes femmes, au cours de la soirée où dans la haute on a le bal au programme ? En robes de mariée,  couronne et voile compris, j’en ai vu une bonne douzaine traîner sa réjouissance dans les divers clubs où fonctionnait le thème princier et où bière et scotch fonctionnaient tout aussi efficacement. A mon avis, on ne peut guère que rester rêveur là-devant.

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commentaires

S
<br /> Ceci n'est pas un commentaire...<br /> Je suis en train de terminer le deuxième volume de votre trilogie, Les mains nues, les vies de Jeanne. Lectrice de romans boulimique et grande habituée des bibliothèques de prêt, je ne sais pas<br /> comment j'ai fait pour ne pas rencontrer vos livres plus tôt. Tout vient peut-être à son heure ? (Ce serait consolant d'y croire, ne serait-ce que le temps de l'écrire.) Merci pour ces beaux<br /> moments de lecture, ce grâce et d'humanité, d'autant plus heureux qu'il me reste encore vos autres livres à découvrir. Avec admiration et gratitude.<br /> <br /> <br />
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