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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 09:03

 

 

 

            Il m’est apparu soudain, mes belins-0belines, que depuis que mon blog existe je trahissais mon féminisme de manière désinvolte et aberrante. Même depuis que les quotas de parité électorale se sont mis à fleurir, sinon sur les listes de candidats, du moins dans les recommandations faites aux machos du coin, on dit toujours « Mesdames et Messieurs » (on a supprimé le « Mesdemoiselles » intermédiaire pour ne pas faire insulte aux vierges prolongées, mais le « Mesdames » reste en tête). Nos amis anglais disent aussi élégamment que jamais « Ladies and Gentlemen », respectant une hiérarchie de courtoisie qui pourrait paraître teintée d’ironie si on grattait un peu sa surface. Bref, à y regarder de près, on devrait faire passer l’élément féminin avant son contraire. Et qu’est-ce que je dis, moi ? qu’est-ce que je répète depuis la nuit des temps, en reprenant l’apostrophe de la Mère Cotivet ? Je dis « Mes belins » avant même d’articuler « mes belines » - a-t-on idée ! Il faut dire que la formule habituelle retournée comme un doigt de gant sonne rudement mal : « Mes belines- belins », c’est comme une sorte de vulgaire « M’sieurs dames », ça ne vient pas sous la langue, on risque tout juste de s’emmêler les pinceaux au lieu de saluer avec cordialité. Je vous adjure donc, tout en conservant une formule devenue traditionnelle entre nous, de bien vouloir croire en mon féminisme (reprenez mes blogs ici et là pour vérifier qu’il affleure, voire se démène violemment, aussitôt que le sujet le mérite). Ce qui ne m’empêche pas d’évoquer avec attendrissement cette matinée où en troisième année de Droit le prof de Droit maritime, survolant d’entrée son auditoire clairsemé, avait débuté son cours par « Mademoiselle et Messieurs » - car j’étais toute seule de fille sur les bancs de l’amphi…

 

 

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commentaires

S
Ah l'orthographe qui, chère Lucette, étant donné les claviers anglo-saxons vous aura donné bien du souci ces temps derniers, est-ce en raison de son genre grammaticale féminin que je l’aurai<br /> violentée ? Allez donc savoir, et en passant je vous confirme que la formule "mes belins-belines", outre son euphonie, a un caractère affectueux, qui unit dans un même ensemble les deux sexes, sous<br /> votre houlette matriarcale et plus amène que la houlette furibonde de Moïse prompt à maudire et à s'arracher de désespoir les poils devant les abominations polythéistes du "peuple élu" ; oui, c'est<br /> plus doux à l'écoute, et ne dit-on pas que l'élément le plus important vient en dernier, pour mieux retenir l'attention, bien que la politesse émette des règles contraires à cette logique de<br /> l'attention psychique.<br /> <br /> Bref, vous confirmant par mes sinueuses digressions que je suis un fervent partisan du roman anglo-saxon (ah, Sterne...), et que tout texte digne d'un tel nom se doit pour moi de perdre son lecteur<br /> dans ses circonvolutions, je corrige derechef et sans plus remettre une horreur : "Je crois que ces propos [et non "ce propose"] délibérément injurieux + verbe au pluriel".<br /> <br /> Voilà qui est fait.
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S
Et je conclurai le message précédent par une parole qui manque d'élégance et de fair-play, tout autant que cette personne abusait méchamment de sa position : VIEILLE CARNE D'INSPECTRICE, ne<br /> méritant aucun respect, en vérité.<br /> <br /> Oui, la violence du discours : les mots ne sont pas anodins, loin de là !!!<br /> <br /> La preuve : je me souviens des propos de CETTE CARNE ET DE CETTE MÉGÈRE NON-APPRIVOISÉE presque vingt ans après cette insidieuse émasculation APPAREMMENT PUREMENT VERBALE, mais chargée d'un tel<br /> mépris que cela ne pouvait que sidérer, d'autant plus que les positions n'étaient pas égales.<br /> <br /> Je crois que ce propose délibérément injurieux à mon égard, qui me disait en somme : "Mais que vient donc faire un homme dans une profession majoritairement féminine (à quatre-vingt-dix pour cent,<br /> plus ou moins)", qui récusait ma légitimité (acquise par le passage du concours du CAPES) à être stagiaire, qui contestait radicalement ma virilité en l'excluant du dicours m'a marqué profondément<br /> (et il faut toujours compter avec le réveil des traumatismes infantiles, ce qui n'arrange rien !) au point que je suis attentif à ne pas nier aux élèves filles et jeunes femmes leur qualité d'êtres<br /> féminins.
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S
Chère Lucette, je me rappellerai toujours l'intervention d'une vieille chouette, inspectrice de l’Éducation Nationale de son état, qui, censée nous donner la première impulsion hiérarchique dans<br /> notre métier de professeurs certifiés documentalistes, avait jugé bon de snober le mâle malencontreux et unique - moi, en personne - égaré parmi cette promotion de professeurs stagiaires (du temps<br /> des IUFM, pas mirifiques, mais elles existaient au moins...), toutes des femmes, cette vieille chouette ayant jugé bon de m'émasculer symboliquement, dans l'ordre du discours, en adressant son<br /> discours exclusivement à "la documentaliste qui doit faire (ceci) (cela)" et en me regardant fixement de temps à autre pour mesurer mon degré d'effervescence.<br /> <br /> Après deux heures de ce traitement humiliant, ma situation ne me permettant pas une question ironique du genre "Et qu'est censé faire LE documentaliste, chère Madame ?", j'ai serré mon poing dans<br /> ma poche, suis sorti la tête légèrement confuse, et en me disant que certains personnages cachent leur vilenie derrière leur position hiérarchique, qui les protège de justes retours de bâton.<br /> <br /> Non, tenir compte des deux sexes n'est pas un détail !!!
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