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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 13:33

  

            Il y a ceux qui aiment Proust et puis ceux qui n’aiment pas Proust. Il y a ceux qui ont lu Proust et puis ceux qui n’en ont entendu parler que parce que la Madeleine Proust annonçait ses spectacles-monologues dans « Le Pèlerin » et qu’ils avaient pu voir à l’occasion à la télé comme c’était rigolo, Proust. Il y a ceux qui ont commencé à lire Proust et puis qui y ont renoncé parce que ça n’était pas aussi drôle qu’ils avaient cru.  Il y a ceux qui ont par hasard aperçu dans un film la manière dont Proust est censé se conduire dans une de ces maisons closes qui faisaient volontiers partie du programme sinon quotidien du moins hebdomadaire de ces messieurs  de la bourgeoisie, voire de l’aristocratie, et qui, trompés sur la marchandise, n’ont jamais retrouvé dans les textes (et pourtant il y en a, des volumes à parcourir !) la moindre allusion égrillarde ou un peu ollé ! ollé ! qu’ils espéraient découvrir. Non, Proust peut apparaître d’un mortel ennui, comme Picasso d’un absurde époustouflant (vous remarquerez d’ailleurs que les gens qui n’aiment pas Proust vous disent avec le même air dégoûté qu’ils n’aiment pas Picasso,  même s’ils restent vagues au cas où, perfidement, vous leur demanderiez de vous citer un titre : un titre de peinture ou un titre de la « Recherche » c’est tout comme, ils prennent un air méprisant pour juger de ces aberrations culturelles dans leur ensemble, ça leur évite d’être précis dans leurs réponses). Enfin bref, mes belins-belines, on a quelque peu fait le tour de la question pour un moment. J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur, et de ce que j’arrête là mes cogitations proustiennes, et de ce que je ne les aie pas arrêtées plus tôt….

Et merci de m’avoir rappelé la réalisation de James Ivory ! Moi qui ai un (gros) petit faible pour ses prestations, je me sens très contrite d’avoir été si vague et – presque – si dépréciative dans mon imprécision. Heureusement que parmi vous il y en a qui veillent au grain, mes belins-belines ! Ce sont là les valeureuses béquilles de mes claudications, puissent-elles se manifester tant qu’il en sera besoin…

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commentaires

S
Pour tout dire en un seul mot : mutine, je vous sens mutine !!!
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S
Soyons honnête, sans pour autant que je batte ma coulpe, me pénétrant ainsi du sentiment d'une faute à expier, sentiment qui m’emporterait loin, très loin sur les chemins de l'auto-flagellation, et<br /> qui me détournerait de le sorte de la contemplation d'une lacune, sans doute abyssale, qui peut paraître grotesque, ou bien accessoire, lacune à laquelle je vais venir. La légende proustienne, qui<br /> a statufié Proust dans l'attitude du romancier disséquant, le plus finement et le plus élégamment, les raffinements de l'esprit et du cœur des salons de la bourgeoisie parisienne, ne lui fait pas<br /> une propagande très attractive. De plus, il y a dans cette légende du vrai : les complications sentimentales et amoureuses des classes aisées peuvent-elles intéresser tout un chacun ? Bref,<br /> l’analyse des sentiments peut-elle être acceptée et savourée, en faisant abstraction du cadre romanesque choisi par Proust ? Enfin, car il faut toujours compter avec celle-ci, la paresse donnant la<br /> main à des préjugés, de reculs en hésitations, de sentiment de faute (le sentiment de trahir une appartenance sociale) en méconnaissance volontaire, je n'ai jamais lu Proust. Et, faraud, obséquieux<br /> devant cette ignorance, je ne vais pas en faire l'apologie. Autant les finesses amoureuses de Marivaux peuvent me toucher (est-ce dû au fait que des personnages de théâtre s'incarnent davantage<br /> dans l'imagination du lecteur, puisque l'essentiel, là, se constitue de paroles échangées mettant en évidence les mouvements intérieurs de chacun), autant tout l'appareil du roman proustien me<br /> rebute, sans même évoquer la longueur tortueuse de ses phrases (que lui avait le pouvoir charmeur de dominer). Aurais-je eu de mauvaises raisons pour ne pas lire Proust, si tant est que ces<br /> raisons-là, que je crois détecter, soient les ressorts de mon abstention ? Ne l'aurais-je pas lu, parce que j'envierais Proust - l'envie est un puissant sentiment destructeur des capacités que<br /> chacun porte en soi - et tout le reste, évoqué, ne serait que rideau de fumée ? Je crois qu'il y a de cela, parce que la propriété des mots est admirable chez Proust ; et cette capacité à penser<br /> juste et ferme, sans dévier, sans accumuler des scories, sans faire des accumulations de synonymes par exemple, me semble, au peu que j'ai parcouru, une qualité éminente, et enviable, très enviable<br /> !!! Alors, vais-je lire Proust ? Vais-je me donner ce PLAISIR ? Entrer dans le monde proustien me semble comme l'admission définitive que l'éducation de la sensibilité est une tâche quotidienne, un<br /> devoir de tous les jours envers soi-même. Proust serait-il pour moi le signe que les choses du cœur ne peuvent se réfrigérer, se racornir, s'éluder, se remettre à plus tard & (combien j'aime la<br /> perluète, n'y voyez pas de la négligence de ma part, mais une nostalgie de ces livres du dix-huitième, ou plus anciens, où entre les mots, dans leur alignement linéaire, vient se glisser ce signe,<br /> qui est comme un geste des mains, une vivacité glissée là, un ascenseur vers le rêve, plus suggestif que la platitude du "et" !!!)..., & combien il y a de délices encore à savourer dans la<br /> littérature, pour moi, pourvu que je n'en remette pas la dégustation à des temps qui seraient, encore et toujours, inaccomplis. Et comme il est tentant de rester en lisière dans cette attente du<br /> plaisir ; mais comme le temps, lui, s'accomplit !
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