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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:29

 

 

            Oui, mes belins-belines, du côté gastronomie c’était la misère. Le capuccino sentait tout ce que vous voulez sauf le café, la soupe au chou froide sentait tout sauf le chou, et dans ces saveurs mélangées la vanille faisait son possible pour égayer les choses – mais dans sa lutte avec le chou elle était forcément vaincue, et j’ai participé à sa défaite, moi, au premier rang. D’ailleurs d’autres senteurs me sollicitaient : étranges, indéfinissables, protéiniques, vaguement végétales, vaguement sucrées aux faux sucres… Comme s’il en était besoin ! On se résigne, un point c’est tout, il faut bien être raisonnable. Mais c’est pour faire joli, pour plaire à l’œil. D’où le yaourt blanc, la compote rose, l’entremets (oui, mes agneaux ! on avait droit à un entremets) jaunâtre, pour accompagner un plat de résistance dans un pot de plastique vert de 250 centicubes - et, mes agneaux, une paille pour déguster : vous vous croiriez dans un bar chic où les pailles accompagnent les cocktails les plus sophistiqués et les plus chers du monde. Mais il m’a manqué une ombrelle japonaise, sans elle la fête n’était pas complète. Seulement je n’ai pas osé rouspéter : les infirmières et les aides soignantes de service couraient partout dans tous les sens,  comme un soir ordinaire. Et puis je pensais aux gens dans la rue, à ceux en tout cas qui n’avaient même pas mes protéines froides vanillées aux faux sucres pour se régaler de ces nourritures étranges – j’ai donc renfilé au fond de ma poche mon envie d’ombrelle japonaise.

 

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