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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 11:41

 

 

            Il n’y a pas de raison pour que vous trouviez une truie spécialement attirante ou sympa : à première analyse elle est plutôt sale, barbouillée, aimant la boue (c’est, je vous le précise, quand on la confine dans la gadoue ou dans la saleté, litière pourrie ou jamais nettoyée, qu’elle se présente avec les yeux chassieux ou les soies répugnantes : si on lui laisse le choix elle a un parfait instinct de propreté). Pas de raison non plus que vous ayez envie de compatir à ses maux d’enfantement : elle n’a qu’à pas avoir des portées de dix, douze ou quinze gorets, a-t-on idée ? (je souligne ici que la malheureuse n’a pas le choix, et que précisément on la condamne à l’esclavage forcené des mises bas sans interruption parce que c’est formidable qu’une bête vous donne tant de petits à chaque naissance). Donc, vous n’avez nulle envie de penser à ses yeux pathétiques, vous qui aimez le jambon sous toutes ses formes et tous les produits du cochon, grillades, rôtis, charcuterie, andouillettes, fromage de tête, rillettes, saucisses et saucissons. Si pourtant vous réfléchissez qu’elle vit sans la moindre litière de paille, sur les tubes d’ une cage de contention, sur le flanc, maintenue sans pouvoir se redresser au cas où elle écraserait un petit, sans jamais voir la lumière du jour, sans jamais un mot de soutien ou d’amitié au moment où une fois de plus elle va mettre bas de la future chair à saucisse en étant considérée elle aussi comme de la chair à pâtée tant qu’elle aura une fibre et un souffle de vie, vous aurez peut-être moins d’élan vers de tentantes charcutailles.

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commentaires

B
Ma chère Lucette,<br /> Eh oui ! Il m'arrive - furtivement - de lire tes articles sans que jamais tu ne le saches. Je tente pour la première fois de poster un commentaire en n'étant pas sûr qu'il soit valide (on me<br /> demande mon site, que je n'ai pas). Je suis bien en peine de faire un commentaire sur Marcel Proust que je n'ai jamais lu, par contre je puis commenter sur ma "rencontre" avec Picasso. Enfant, je<br /> collectionnais les timbres, avec une prédilection pour le format "tableau" grâce auquel j'ai connu la "Dame à la Licorne", Miro, Lurçat et "Paul en Arlequin" de Picasso. Bien plus tard (récemment)<br /> j'ai visité le musée Picasso de Barcelone qui présente des œuvres de jeunesse où on a l'impression que l'artiste "se cherchait" à exécuter des tableaux "à la Dufy", "à la Matisse"... sans compter<br /> une salle complète inspirée des "Ménines" de Velazquez (je fais ici abstraction des céramiques). La véritable claque dans la figure fut la rencontre avec "Guernica" au Musée de la Reine Sophie de<br /> Madrid (3 m 50 de hauteur sur plus de 7 m de longueur : le tableau, pas la Reine !). Nous avions tous eu droit au lycée à une reproduction dans un manuel d'histoire ou d'espagnol, mais la<br /> confrontation à l'œuvre originale est une expérience saisissante et inoubliable. Nos profs de philo ou d'art nous ont tous bassiné avec des définitions de l'art bien pensées avant eux. Ma défintion<br /> personnelle serait la suivante : "L'art est le juste équilibre entre l'émotion et la technique" (qui peut aussi bien s'appliquer à la peinture, sculpture, qu'à la musique, etc.). Tout celà n'engage<br /> que moi bien sûr et n'étant pas un fin lettré, j'espère que mes commentaires ne te semblent pas trop incohérents et hors de propos. Finalement, un blog, c'est aussi permettre à un Bedu de<br /> divaguer...<br /> Grosses bises
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