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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 09:51

            On a tellement l’habitude d’entendre désigner, sous le terme d’holocauste, l’abominable horreur de la Shoah pendant la deuxième guerre mondiale, qu’on a tendance à charger le mot d’un alourdissement collectif qui l’installe à jamais dans l’histoire. Il y a eu pourtant des exemples individuels dont précisément le caractère isolé, volontaire, sacrificiel s’est inscrit dans les mémoires pour longtemps : ainsi la mort par le feu de Jan Palach (j’écris peut-être son nom de travers, tel qu’on le prononçait en France à l’époque, pour autant je n’ai pas oublié son immolation en hommage suicidaire à la liberté). De temps à autre un incident tragique de même nature nous secoue, nous bouleverse pour quelques heures, un jour ou deux – puis nous oublions ce sacrifice et sa signification, celle de l’horreur insupportable de la contrainte, celle de l’indignation devenue souffrance intolérable. Il n’y a que quelques semaines seulement, une enseignante désespérée des conditions effroyables dans lesquelles s’enfonce la fonction publique, en particulier dans le domaine de ce qui autrefois s’appelait fièrement l’Instruction, s’est donné la mort en  holocauste en choisissant ce supplice révulsant au nom de tous ses collègues de misère et en le leur dédiant. On en a parlé deux jours, trois peut-être, en laissant entendre par l’information journalistique officielle qu’elle était « déprimée, dépressive… », les  points de suspension laissant entendre, quant à eux, qu’il fallait aller plus loin dans la notion de détraquage mental. Je ne sais plus son nom, je ne sais plus à quand remonte ce fait-divers enterré parmi les rumeurs de déplacements internationaux de footballeurs et des subsides y afférents – non, je ne le sais plus et j’ai honte de ne plus le savoir. Mais alors qu’on parle d’un nouveau système d’évaluation pour les carrières des professeurs, où mine de rien les rafleurs de mise seront les enseignants pourvus de la bonne carte syndicale et de la bonne coloration politique au détriment des autres, j’ai mal à ses brûlures,  je pense à elle avec chagrin, je serre les poings, je m’indigne.

 

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