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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:12

 

 

            Il a plu cette nuit, sur le matin plutôt (je me demande d’ailleurs pourquoi j’insiste sur cette précision, vu que, orage ou tempête même, je ne perçois rien quand je dors), en tout cas la terre a pris sa belle couleur foncée, elle semble molle au toucher, les feuilles luisent sous les gouttelettes qui perlent encore ici et là, et l’air lui-même paraît lavé, propre, pur à respirer. Je pourrais rester des heures à contempler ce bout de jardin  sans rien faire ni penser. En théorie, je devrais utiliser ce temps à tirer des plans sur la comète, à imaginer comment ce pourrait être l’an prochain, avec quelles couleurs déplacées ou renforcées dans les iris, quelles espèces remplacées par d’autres – toujours insatisfaite, quoi ! Mais non, les neurones sont bien au repos, en pleine léthargie. Le regard court sans se poser, effleure à peine les formes, préfère le vide, grimpe jusqu’au ciel tout chargé de nuages, se perd vaguement dans les gris clair et les gris de plomb. Et il fait si doux… Rien d’accablant comme certaines pointes de chaleur hors saison dont avril nous a souvent gratifiés. Une douceur tonique, sans le moindre souffle de vent, proche d’une fraîcheur à ressentir sur la peau en même temps qu’au fond des poumons. Je m’aperçois que je viens de vous brosser le tableau idyllique d’une paix bocagère rarement disponible en ville - serait-ce parce que je ne vois que prisons, prisonniers, menottes, abattement et consternations diverses sur nos étranges lucarnes ? Et barbelés en rouleaux inextricables autour des promenades sous surveillance des vacanciers en blouson orange et pyjamas rayés ? C’est bon d’être libre – mais moi je n’ai rien fait pour mériter de perdre ma liberté.

 

           

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