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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 15:23

         J’ai beaucoup dansé dans ma jeunesse : une soirée par semaine à la Maison du Droit, une longue soirée (mordant presque sur la nuit) par semaine le lendemain à l’AG. Inutile de dire que ma mère n’était pas au courant et qu’en cours de Droit administratif du vendredi matin j’avais à peu près les yeux aussi expressifs qu’un zombie. Il y avait également le ciné-club auquel j’étais assidue et le cinoche du dimanche après-midi, quand tous les lieux d’accueil pour étudiants étaient fermés (j’ai fait partie de la génération de l’immédiate après-guerre pour laquelle ni le logement ni la restauration ni rien du tout n’étaient prévus si l’on voulait poursuivre ses études dans une ville de fac : la vache enragée, je connais). Nous avons continué de danser selon les occasions, pas très souvent une fois lancés dans la vie citoyenne et familiale. Je me rappelle qu’une fois nous avons choisi d’aller en Irlande par bateau et par le grand itinéraire parce qu’il était annoncé qu’on danserait la nuit à bord…Or curieuse expérience : dans l’intervalle la mode faisait danser sans partenaire en tapant des pieds et en se tortillant, et seul dans l’orchestre un meneur à la voix d’aboyeur de salle des ventes martelait « Happy ! Happy ! Happy ! » pour donner un peu de vie à la troupe de jeunes qui occupait la piste. Tangos et valses avaient quitté le répertoire, mais ce qui nous frappa surtout c’est l’air malheureux avec lesquels ces danseurs de travaux forcés essayaient d’obéir aux injonctions du meneur. On n’arrête pas le progrès, que voulez-vous…

 

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