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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 09:24
     On disait autour de moi, dans mon enfance (oui, bon, d'accord, c'était un hier bien lointain, est-ce que vous croyez que je ne suis pas au courant? mais dites-vous bien que si mon enfance ne remontait pas à soixante-dix ans et plus vous ne pourriez pas aujourd'hui profiter de ma vaste expérience de la vie, c'est le prix à payer, que voulez-vous!) donc, dans mon enfance, on disait que tous les quinze ans les modes revenaient telles qu'elles étaient sans pratiquement avoir changé. Il faut relativiser tout ça : la conversation concernait un échange documenté de papotages entre ma mère qui ne suivait pas la mode et notre femme de ménage qui ne savait même pas que la mode existait. Je n'oserais brandir ces propos comme expression de la vérité. J'ai toutefois pu observer au cours de mon existence (ma longue existence, oui, puisque vous insistez) qu'en effet des vêtements remisés depuis déjà des années parce qu'on les avait trop aimés redevenaient à la mode : les petits nattés des tailleurs par exemple, ou les rayures des pulls, ou les styes de pantalons imprimés, ou les chaussures genre cysliste, ou les manches trois-quarts, ou les longueurs des manteaux, ou la forme des cols... Là aussi je m'arrête : ne comptez pas sur moi pour une liste détaillée au rayon recyclage des habits, mais tout de même l'idée mérite d'être retenue, comme celle de la régénérescence complète des cellules tous les sept ans, ou la qualité suprême des vins de Bourgogne   les années en 9 (29, 39, 49...99, 09). On se raccroche à ce qu'on peut pour tenter d'établir une philosophie raisonnée du fonctionnement de la planète. Or il se trouve que, sans avoir regardé la cérémonie des Césars mais en en lisant quelques echos acerbes dont le ton sarcastique me convient parfaitement, j'imagine qu'elle n'a en rien changé depuis celle d'il y a quinze ans : les noms ont pu changer, certes, mais les airs godiches des primés, leur allure de porte-manteaux vides de chair, et vraisemblablement les compromissions et maquignonnages qui ont dû avoir lieu à l'arrière-plan de toute cette belle amitié si fraternelle (pour ne rien dire des grincements de dents parmi les nominés non finalement retenus comme les astres de la soirée) sont restés le même bibelot. Je ne sais pas si Depardieu était dans les primés - surement que si - mais je suis heureuse de ne pas avoir eu l'occasion de le contempler, c'est une de mes têtes de Turcs, savez-vous bien... Donc, mon Journal au laser devenu Journal au napalm est resté parfaitement à la mode. Dont acte, pour la publication de la remouture contemporaine. Je vous tiens au courant, bien entendu.

                                                                               Lucette DESVIGNES.
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