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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 08:49

            Je vois qu’Indiscretions est encore au programme de télé, pour dignement finir la période creuse. Et c’est tant mieux : c’est un excellent Cukor, et quand dans le peloton de tête vous pouvez compter Cary Grant, Katharine Hepburn (qui est loin de valoir sa géniale fille, mais qui n’est pas mal tout de même) et James Stewart, c’est que la course se déroule à vive allure. Tout de même, et je pourrais le déplorer jusqu’à la fin des temps, personne ne se soucie de transporter avec le titre du film un contresens qui finit par occulter totalement la signification de l’histoire. Ce ne sont pas les indiscrétions qui régissent le scénario, même si des choses se disent et se transmettent qui ne le devraient pas. Le terme anglais désigne surtout les faux pas, les excursions en dehors du mariage qui, non suivies d’effet si de nouvelles noces n’ont pas lieu, restent dans le domaine de l’erreur d’aiguillage. Ces « J’y vas-t’y ? J’y vas-ty pas ? » scintillants relèvent ici d’une chorégraphie spirituelle qui étourdit un peu et ne va guère au fond, comme on dirait gravement dans un traité de morale du grand siècle, mais qui emporte l’adhésion et séduit sans restriction, d’autant que le laissé pour compte au final est un fat imbécile qu’on trouvait révoltant de voir, pendant les trois-quarts du programme, préféré à Cary Grant, alors qu’en réalité il avait pris sa place. Dès le départ on connaît le dénouement : le plaisir de la comédie réside, comme chez Marivaux, non dans le trajet qui mène sournoisement à la conclusion, mais bien  dans les arabesques de la trajectoire. Je serais contente si vous pouviez voir ce film parce que je vous l’ai signalé. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi… vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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