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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 09:47

            J’aime beaucoup Lubitsch, et je dois dire que je me régale  lorsqu’il propose ses exercices à trois sur le fil du rasoir, toujours dans une atmosphère ensoleillée et où les coups bas, s’il y en a, sont nimbés de grâce – surtout aussi lorsque ce sont des acteurs de la carrure de Gary Cooper qui les interprètent. J’aime aussi cette bohème élégante dans laquelle ses personnages sont plongés, dèche poétique où l’on n’a pas, comme chez Mürger ou chez Puccini, à se défaire de son veston pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent ou une bûche à mettre dans la cheminée.   J’avais conservé le vague souvenir d’avoir vu cette farce à la polonaise sous occupation hitlérienne et je me réjouissais déjà de vous en parler après l’avoir revue et probablement goûtée. Eh bien on ne devrait jamais dire « Fontaine… ». C’est peut-être qu’hier soir j’étais un peu ensomnolée, les esprits peu aiguisés et le cerveau en vacances, mais hélas ! je suis tombée de mon haut (rassurez-vous :  pas très haut, c’est donc sans danger). Je suis loin d’être fâchée avec les scénarii embrouillés dans lesquels se mêlent deux intrigues : au contraire, le théâtre dans le théâtre est une formue qui a toujours fait ma joie, c’est un merveilleux excitant pour les neurones. Mais là il y avait profusion d’uniformes, allemands ou de théâtre, avec des portes qui s’ouvraient et se refermaient jalousement sur des petits groupes complotant en casquette et tenue de résistants avant la lettre. On sait naturellement dès le départ que la troupe polonaise est en train de peaufiner une pièce où Hitler et ses sbires apparaissent, avec traîtres, espions volontaires ou forcés, chefs dépassés par leurs seconds et prenant toujours les initiatives à ne pas prendre. Là où ça coince – à mon avis du moins – c’est lorsque les comédiens prennent la place des personnages historiques, avec moustache en blaireau et mèche adéquate (les moustaches et les barbichettes d’ailleurs se décollant, s’ôtant ou se remettant à l’envers à volonté). La belle actrice entre deux portes se prêtant au jeu du faux Hitler ou du faux Gauleiter ou du faux défenseur des aviateurs en exil à Londres n’aide en rien à savoir sur quel pied on danse. Bref je n’ai pas compris grand-chose, et ce doit être la deuxième fois que cela m’arrive avec ce film. J’aime seulement à la fin, quand tout est revenu au calme, que le début du monologue de Hamlet « Etre ou ne pas être » (signalant à l’amoureux de la dame qu’il peut sans danger la rencontrer un quart d’heure dans sa loge) fasse quitter la salle à un nouveau prétendant… Qu’en signes délicats ces choses-là sont mises…

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