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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 11:39

 

 

            J’avais fait le compte, récemment, de ceux qui aimaient Proust, de ceux qui ne l’aimaient pas, de ceux qui ne l’aimaient pas en l’ayant lu ou qui ne l’aimaient pas sans l’avoir lu. J’aurais pu tout aussi bien faire le compte des recommandations reçues… On en redemande, disaient les uns, faisant allusion à mes tout récents gazouillis. J’ai vu seulement les films sur « La Recherche », disaient les autres, je ne peux pas vraiment dire que je les aie trouvés incitatifs. Un seul commentaire faisait allusion à mes qualités d’analyste, et il est de fait que je me sens bien à l’aise, non dans ce monde de mondains et demi-mondaines dont j’exècre la mentalité (car je m’irrite de les voir prospérer dans l’oisiveté et l’inutilité arrogante : ils ne font rien de leurs dix doigts mais se considèrent comme les indispensables fleurons de notre société, comme les bases de l’architecture sociale et pas seulement comme  des ornements apportant l’esthétique à notre civilisation trop plébéienne qui ignore tout de la beauté), mais pour servir de guide au milieu d’interprétations en contraste, ou pour sentir les intentions sournoises du narrateur (si, si, il y en a !), ou pour souligner la structure de cathédrale découverte sur le tard par l’écrivain disposant d’une masse humaine et sociale dont il comprend enfin qu’il va pouvoir tirer un parti étonnant – quelque chose dans la catégorie balzacienne, mais attention ! Balzac n’avait ni grand-mère ni madeleine (du moins ne nous en parle-t-il jamais) et ne me dites pas que cette carence ne change pas la perspective… Personne ne peut mentionner Proust sans que l’interlocuteur ne mentionne à son tour la madeleine de son goûter : en contre-épreuve, mentionnez Balzac - et l’interlocuteur restera muet

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commentaires

E
Merci, Lucette, de nous avoir parlé à nouveau de Proust et de son oeuvre cathédrale.<br /> Je déplore l'usage abusif, complétement galvaudé par les journalistes, du passage de la madeleine trempée dans le thé-tilleul de la grand tante Léonie d'Illier-Combray.<br /> Heureusement les évocations merveilleuses, pleines de sensibilité, de la grand-mère du jeune garçon - le début du malaise de "l'attaque", comme l'on disait, de cette aïeule bien-aimée - le sont<br /> beaucoup moins.<br /> De Balzac, j'apprécie particulièrement "La peau de chagrin" et "Le chef-d'oeuvre inconnu" qui donne une belle leçon sur l'art et la perfection impossible à atteindre.<br /> Encore merci pour la rencontre journalière.
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