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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:02

 

 

         Je ne vois autour de moi que roses déformées, rouillées, les pétales collés, les têtes si chargées de pluie et de lassitude qu’elles sont prêtes à tomber, d’un bloc, et non comme d’habitude en éparpillant le trésor de leurs couleurs parfumées. Les hortensias sont en retard, les fleurs à peine formées au bout des branches et grosses comme des grains de semoule qui ne laissent pas deviner leur nuance. Quant aux phlox, j’attends avec impatience de les voir se manifester. J’en ai planté un peu partout, de toutes les couleurs m’a-t-on promis sur les catalogues (mais je reste sceptique au sujet d’un phlox bleu clair ou d’un autre bleu foncé que je suis censée avoir acquis ; je n’en ai jamais vu auparavant et j’ai dû, pour les obtenir, acheter un lot de phlox bicolores que je vais guetter avec méfiance). Seul point positif dans toute cette grisaille : pas besoin d’arroser. Je me préparais à le faire avec résignation, il faut ce qu’il faut tout de même pour des plantes transplantées de frais – mais Saint Fulbert (ou Saint Mamert, puisque Saint Rigobert collé entre Basile-Geneviève et  Amélie-Epiphanie tout en tête du calendrier n’est pas convié avec Saint Gervais à reconstituer le « petit hiver » de la mi-mai) un des saints jardiniers, en somme, n’importe lequel, a sorti son petit arrosoir et n’arrive pas à le vider. Naturellement, l’arrosage ne se limite pas qu’aux phlox de mon jardin, c’est ça qui fait désordre.

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S
Je perçois, par le manque que je ressens d'un tel espace, l'amour attentionné que vous portez à votre jardin. Cette germination contrariée par des pluies bien trop présentes, répétées chaque jour<br /> durant le printemps, vous cause souci ; ce n'est pas dérisoire. Les courbes, les corolles, les fleurs des végétations ne sont pas des distractions de l’œil ; les plantations exigent bien des<br /> moments d'échange avec les végétaux, et ce qui manque le plus dans une grande ville comme Lyon est de pouvoir soigner, et remuer, et influencer la terre, pour qu'elle porte sa beauté plénière ;<br /> nous avons, oh certes, des jardins communautaires, mais outre qu'ils sont éloignés des habitations, et qu'ils ne nous présentent pas la croissance chaque jour négligemment mesurée de leur<br /> végétation, ces jardins ont le défaut d'être réservés au temps des "loisirs", un temps hors du temps de la vie quotidienne, et situé dans cette opposition qui nous ronge et ruine travail vs<br /> loisir.<br /> <br /> Or un jardin exige une attention renouvelée et scrupuleuse, chaque jour, dans l'abandon de toute visée le concernant, dans la promenade inattentive du regard, dans le côtoiement journalier : c'est<br /> là, sans doute, Madame Desvignes, votre plus grand plaisir ; et je sais par le témoignage de ma vieille mère, elle-même jardinière acharnée - en Bretagne côtière, "Penn ar bed" en breton, "le bout<br /> du monde" vers la pointe du Raz, subtile par ses nuances changeantes, où le plombé n'a pas le temps de s’attarder -, que rien de plus apaisant, de plus consolant, de plus étonnant n'advient - dans<br /> le cours ordinaire des jours - hormis la venue tant espérée des fleurs singulières qu'auront annoncées les bourgeons, et avant lui de modestes renflements, virant au verdâtre clair sur les hampes<br /> ou sur les rameaux rampants.<br /> <br /> Oui, les roses sont des beautés ; et d'autant plus quand elles sont soignées, désirées, attendues, imaginées dans leur déploiement.<br /> <br /> Merci, Madame Desvignes, pour votre enracinement sensible dans la bonne terre !!!
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