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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 11:01

 

 

            Je m’appuierais volontiers sur la remarque, envoyée par e-mail,  d’un de mes fidèles commentateurs et soutiens,  pour continuer ma réflexion sur les salons du livre. Il souligne en effet le genre des ouvrages sur lesquels s’est fixé le choix des acheteurs : biographies encore et encore, considérations politiques appuyées sur le parcours des familles des têtes de liste, réflexions sur l’économie, histoire… Le roman est loin d’être le roi qu’il devrait être, sauf dans son hypostase policière où parfois il atteint des records – mais il faut qu’il ait été signalé, soit par la presse qui précède la manifestation, soit par la renommée qui traîne volontiers dans les départements.  L’histoire romanesque, autrement dit l’affabulation autour d’un couple ou d’une famille, celle qui, due à l’imagination créatrice de l’écrivain, fait s’entrechoquer les caractères, les sentiments, le bien et le mal secrets ou publiés, dans un cadre à l’authenticité  reconstruite qui puisse transporter le lecteur hors de sa sphère habituelle (et lui faire vivre des aventures ou des émotions qu’il n’aurait aucune chance de connaître autrement), l’histoire romanesque, dis-je, c’est-à-dire encore le déroulement captivant d’un récit qui, avec son consentement,  prend le lecteur au piège de sa vérité, est pourtant autre chose que les               statistiques, documentations, énumérations qui répondent sans besoin du moindre effet de style à cette soif contemporaine du public pour le renseignement. Il veut être informé, il veut savoir. Il lui faut du vrai, du dévoilé, du secret mis à jour, il écarte donc  avec indifférence, parfois même avec mépris, tout ce qui n’est pas axé sur la vérité concrète de la conjoncture. Il lui faut des chiffres, des garanties, des preuves… Pauvre roman, lui qui contient tant de vérité dans sa construction échafaudée par une imagination toute-puissante… On le prend pour du conte de fées, on le laisse aux âmes sensibles et aux vieilles dames. Et dire qu’à lui tout seul il symbolise, représente, constitue la littérature…

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