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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 08:09

            Je n’ose pas croire que ce que j’ai par hasard découvert (j’étais dimanche soir en avance sur TMC pour être bien sûre de ne rien manquer de Downton Abbey) fait vraiment l’objet d’un programme régulier. J’en suis encore non point tout étourdie, comme chante Manon en sortant de sa diligence, mais bien abasourdie. Bouche bée, si vous voyez ce que je veux dire. C’est, vérification dûment faite sur les magazines télé anciens, une émission qui dure une heure, qui va se dérouler en 22 épisodes de 30 minutes, de manière qu’on en ait bien pour son argent à chaque fois, le style de narration absolument indigent passant beaucoup de temps à répéter pour les sourds et malentendants. Pas d’effets de mise en scène : un patron d’un côté, de l’autre trois ou quatre employés par soirée. Pas de grands efforts d’imagination non plus pour le scénario : des patrons d’entreprises viennent incognito travailler une semaine dans leur boîte (il paraît que ça ne se remarque pas qu’ils sont patrons, bref c’est ça l’histoire). Ils observent comment travaille leur personnel, ils prennent des notes mentalement, si bien qu’au bout de huit jours ils révèlent leur coup à toute la firme réunie comme pour une cérémonie. Et c’est la distribution des prix, mes agneaux : chaque employé spécialement remarqué est interviewé en tête à tête, complimenté pour son sérieux et son attachement à la boîte, et ce patron de rêve lui demande ce qui lui tiendrait le plus à cœur. L’un avoue son envie d’aller à Honolulu, un autre parle des soins trop coûteux qu’il faudrait à son fils handicapé, une troisième voudrait un autre uniforme… Eh bien le patron accorde tout comme une récompense qu’un patron juste doit à ses employés qui au fond sont comme ses enfants, et dans la surprise de l’annonce et la vénération pour pareil boss chaque employé y va de sa larme. C’est beau c’est grand le patronat américain. Et chaque secteur a son tour : ici le fast food, là les industries technologiques… Une heure tous les dimanches, mes agneaux, je ne crois pas m’être trompée au sujet de cette programmation. Je me demande qui paie, qui a payé pour réaliser ce bourrage de mou des primitifs aux USA – et qui a eu l’audace de le choisir pour nous l’imposer, ici où nous avons un tant soit peu dépassé cette vision débile.

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