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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 08:25

Je viens de lire une petite histoire qui, bien racontée (ce qui n’était pas le cas) pourrait amener le lecteur à se tordre. Elle est basée sur le principe du jeu du téléphone, celui auquel jouaient les gamins désoeuvrés sans la moindre conviction parce qu’ils savaient que dès le départ l’entreprise allait capoter de manière peu satisfaisante. Il s’agit de faire passer un message d’un bout à l’autre d’une chaîne de bouche à oreille – et de constater l’état dans lequel le malheureux arrive en fin de course. En général ça ne marche jamais parce qu’il y a de la mauvaise volonté à traduire et répéter sérieusement le message reçu : avant la deuxième ou la troisième transmission la matière n’est déjà plus reconnaissable. Par écrit le même mécanisme peut être séduisant. On part de faits, patents, indiscutables, et on voit à quoi les données factuelles peuvent aboutir après être passées par une série de jugements aux intérêts contradictoires : un ingénieur a marché sur la queue d’un chat qui l’a mordu. A partir de ces données minimalistes, le texte se modifie, sujet objet s’inversant, jugement moral ou sociologique gonflant le rapport au fur et à mesure qu’il grimpe hiérarchiquement. Ainsi la position intermédiaire : « même si on est mordu, ce n’est pas une raison pour marcher sur la queue des autres » - ou l’aboutissement final : « le chef de section a écrasé la queue d’un ingénieur qui avait mordu un chat ».Inutile de préciser qu’à l’intérieur de l’entreprise, chaque auteur de rapport suggère qui doit être « mis à la porte» : l’ingénieur mordu, ou le chef de section, ou le chef de département, étant bien clair pour tout un chacun qu’il est préférable de conserver les cons qui n’ont jamais entravé la bonne marche d’une entreprise….

 

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