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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 11:50

            Je vous l’avoue tout net : je n’ai pas regardé la télé de notre cher pays depuis près d’une semaine. Ce n’est pas, tout de même, parce que je suis fascinée par les étalages de triperie que les chirurgiens de « Holby City » ou de « Casualty » répandent amoureusement (voire parfois en pensant à tout autre chose ou en poursuivant des conversations personnelles avec vivacité) sur  la table d’opération à partir des fentes plus ou moins considérables qu’ils vous ont ouvertes dans les abdomens des patients : même de ça on finit par se lasser, si ce n’est que la vis dramatica (coucou ! la revoilà !) se maintient et se développe entre patients et maîtres du scalpel, ou plutôt entre maîtres du scalpel entre eux, avec toutes les variantes possibles (même qu’hier soir une porte ouverte sans précaution sur une chambre a révélé deux chirurgiens mâles dans le même lit – c’était une découverte). Mais que voulez-vous ! J’attends que les choses de l’Affaire se soient rétrécies jusqu’à leur plus petit volume. Comme de toute manière on ne nous dira pas tout, qu’on nous enterrera sous le nez les révélations les plus propres à nous faire saliver de plaisir, qu’on ne nous livrera en fin de compte que ce qui sera facilement amnistié, seulement les broutilles à propos desquelles les porte-parole diront qu’elles n’étaient qu’un détail,  lequel détail ne méritait pas de fouetter un chat (toujours le mot qui porte), il vaut mieux attendre avec résignation et mélancolie, en disant adieu aux jubilatoires règlements de compte publics, que la providentielle intervention du vice de forme se soit produite, et donc que chacun des héros de l’histoire soit renvoyé chez lui sans dommage. Je me console avec un vers du poète Andrea Genovese tout juste reçu : « Je sais que le mensonge nous empêche / d’appareiller vers le grand large / où les mots ont des écailles d’or »…

                                                                                                      Lucette DESVIGNES.

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