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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 09:21
     En vérité je vous le dis, je pourrais bien m'abstenir de communiquer avec vous aujourd'hui. Ce samedi est trop nettement coincé entre un Noël et un  dimanche pour ne pas jouir du repos d'un pont accordé à tout le monde (à ceux qui ont du travail, bien sûr : les autres passent sous les arches, il y en a même qui se noient de désespérance). Mais j'ai la bosse du devoir ancrée dans mes gènes, je ne tiens pas plus compte des ponts chômés que je ne renonce à passer sous une échelle disposée en plein trottoir. Donc je vous contacte aujourd'hui, mes belins-belines. Sur mon chagrin plane le souvenir de Jeanne, ma grand-mère, qui relevait si farouchement la tête après chacune de ses épreuves - il arrive encore qu'à l'occasion quelque lecteur d'autrefois m'en parle, et dans les études critiques elle revient assez souvent sur le tapis. Il y a quelque chose d'elle qui est passé en moi, certainement, car tout de suite après un effondrement ou un déchirement, si accablée que je me trouve, je me débats pour rester  le nez hors de l'eau, jusqu'à reprise progressive de mes rythmes normaux de respiration, donc d'innervation de mes zones cérébrales adéquates (il doit bien y avoir dans un coin de la cervelle un secteur concernant l'entêtement, l'obstination, le per fas et nefas, la rage froide, le pourquoi moi, dites un peu?). Le Fluctuat nec mergitur des devises capitales - capitales, c'est bien le cas de le dire - correspond à la même idée, sans doute, mais avec une sorte de mollesse due au flottement; moi je pratique la même idée mais sur des tempi davantage brutaux. Tout cela pour vous dire que j'ai ravalé mon chagrin bien au fond de mon coeur - visite de mes enfants oblige - et que je ne vous parlerai plus de ma Betsy Belle que sans hystérie. Elle sera toujours là, le poids de sa tête sur mon épaule est toujours installé pour la nuit, nul des autres n'a osé s'aventurer à cette place convoitée. Ils sont tous parfaitement informés du drame,et l'extraordinaire petit Benjy, mon chat de berger, s'est couché en rond à mes pieds pendant tout le temps où j'ai pleuré en caressant la dépouille de ma chatte martyre, avant de la préparer pour son dernier asile. Stop là-dessus.  Demain relâche (traditionnelle désormais), à lundi dernière semaine de l'année.
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