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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 09:24

         L’art des tribuns consiste essentiellement,  en face d’un public pas forcément en sympathie au début, à susciter dans ce public l’adhésion par l’adéquation parfaite et dynamique des grandes idées exposées et des termes irremplaçables  auxquels personne ne peut résister, comme une marche militaire qui vous fait emboîter le pas malgré vous, sauf si vous êtes vraiment une forte tête. N’est pas tribun qui le prétend, ni qui s’y essaie. Nous en avons eu tout un éventail d’exemples ces dernières semaines : même avant que les affrontements vocaux ne se soient réduits à une dualité farouche et meurtrière, nous avions eu des interventions qui prétendaient jouer un rôle déterminant dans la solution de la crise (ainsi entre autres une dame blonde qui s’est,  vibrante brebis prête à tous les sacrifices, présentée en toute modestie comme un symbole de rapetassage entre deux morceaux de vêtements déchirés : elle seule saurait faire la couture, disait-elle, mais on ne l’a  pas écoutée). Quant aux deux artistes dont les voix se sont fait entendre – le ténor clamant dans l’aigu, le baryton dans les graves et la gravité, sans sourire – c’était intéressant de décortiquer leurs discours au fur et à mesure de leur  déroulement : à l’endroit on n’entendait parler que du salut de la France, de sa sauvegarde, de sa survie ; mais à l’envers il fallait déchiffrer haine de l’autre, jalousie, désir de triompher à tout prix, orgueil démesuré ne tenant aucun compte des limitations individuelles, envie de meurtre. Je crois que cela a fini par se voir, mais il faut dire aussi que ce n’était pas caché bien profond. Toujours est-il que ténor et baryton sont renvoyés dans leurs goals en attendant qu’on statue sur leurs performances sportives. Certes on ne donnera pas bien cher de leur peau par la suite, ils vont peut-être devoir se présenter à l’ANPE, mais c’est leur pauvre peuple qui souffre surtout, humilié du spectacle, ébranlé dans ses convictions

et se demandant comment tout cela va finir.

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