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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 09:15

La belle télé

 

            Au beau temps de la Télévision française – la vraie, l’inspirée, la grande (celle qui aurait pu faire des Nœuds d’Argile un feuilleton inoubliable peut-être – mais oui, ne vous énervez pas, il y en a eu des projets, je vous en parlerai un jour où je serai d’humeur) – au beau temps de la grande Télé, donc, les réalisateurs se fondaient sur nos innombrables classiques du XIXème, ces romans qui avaient presque tous fait le tour du monde : outre la représentation en chair et en os de personnages déjà fascinants dans les livres, outre la variété de leurs caractères et de leurs sentiments, outre l’attachant de l’histoire, lesdits feuilletons avaient le mérite de la reconstitution historique du cadre et des costumes. On disait même que Jean-Louis Bory, chaque fois qu’il venait de lire un nouveau Balzac, téléphonait dare-dare à Alice Sapritch pour lui annoncer qu’il avait un rôle pour elle… Balzac, oui, mais aussi bien sûr Maupassant (le maître), Zola, Hugo – de quoi faire resservir les vêtements d’époque si on avait bien voulu faire des économies. Je n’évoque jamais aucune de ces adaptations pour le petit écran sans nostalgie – recherche de la qualité en tous domaines, respect intelligent des modèles, dialogue élégamment resté littéraire (et enregistré de manière à être compris sans problème). Finie, cette exigence …Je me console comme je peux avec les feuilletons britanniques puisant à la même source, càd au répertoire romanesque du patrimoine – Jane Austen, les sœurs Brontë, Thackeray, Dickens, lui aussi inépuisable avec sa comédie humaine en réplique de la nôtre…Dans les deux cas, même emploi intelligent des « seconds rôles » de si haut niveau, qui donnent à l’œuvre une épaisseur, une densité, une vérité  admirables : je retrouve leurs homothétiques outre-Manche, évoluant dans les décors d’un autre siècle comme si c’était le leur, et la jouissance du spectateur est continuellement renouvelée. Un seul défaut avec Dickens : dans ces cadres de paupérisme où la misère s’accompagne de boue, de saleté, de  vêtements sordides, de faciès rongés par l’alcool, la maladie ou la déchéance, on a envie de se gratter,  j’ai même souvent envie de me boucher le nez devant ce réalisme des taudis et des ténèbres…  Je reste quand même, pour admirer …

                                                                                     Lucette DESVIGNES.

 

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