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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:55

 

 

            La courtoise insistance avec laquelle un technicien venu pour mon chauffage a tenu à se déchausser pour ne pas abîmer les tapis du salon m’a rappelé les rites du Canada de l’Ouest, celui des Prairies ou des Rocheuses, où le placard de l’entrée est destiné à recevoir les chaussures des invités. Les messieurs restent en chaussettes, les dames tirent d’un coquet petit sac   en taffetas ou en lamé de coquettes ^petites pantoufles dorées – l’habitude, au départ logique puisqu’au Canada les hivers veulent dire neige épaisse et que la neige gâte les moquettes, s’est transformée en une habitude automatique : même en plein été le rite persiste, et les étalages d’orteils sont sans problème à l’ordre du jour. L’objectif   demeure : surtout, que les invités se sentent chez eux, parfaitement à l’aise. C’est pourquoi les maisons sont ouvertes à l’invasion, demi-étage, family room au sous-sol,  salle de bains pour le maquillage de dernière minute, chambre du couple réservée pour les dames, toilettes séparées (avec pancartes imprimées, parfois même illustrées : Gals – Guys …   Tout juste si on n’attend pas la pancarte si fréquente dans les bars sympa : « Hang overs provided and healed », autrement dit « Fournitures et service après-vente pour gueules de bois ») …Car sur ce point là on s’active gaillardement dans ces soirées du vendredi : une cassure se pratique entre la semaine de boulot et le week-end où l’on s’occupe de soi, un petit vent de déraison sinon de folie souffle sur les esprits, les estomacs se préparent au pire, c’est la fête. Honte à l’hôte qui ne tend pas d’emblée à l’invité qui entre sa boisson favorite ! Il se renseigne utilement avant l’arrivée d’un invité nouveau – c’est ainsi que dès ma première invitation mondaine je me suis trouvée à ma grande surprise accueillie par un bourbon and soda deux glaçons (renseignement soutiré à l’ami chez qui je résidais). L’information s’est répandue comme une traînée de poudre, et je me suis souvent demandé ce qui se serait passé si j’avais décidé de changer pour  un gin and tonic – mais j’avais toujours, une fois dédouanée,  la possibilité de prendre des initiatives individuelles…

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