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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 14:20

A côté de cette recrudescence – que je vous signalais tout dernièrement - de signes de croix, de marmonnements et d’objets pieux visant à introduire une coloration religieuse dans un univers matérialiste où le souci des âmes n’avait guère pénétré (j’avais même oublié de noter un chapelet, qu’une infirmière avait pris pour un joli fil de perles blanches et violettes alternées, et qu’on retrouvait enroulé au poignet d’un mourant), la période semble programmée pour ramener la pensée vers des interrogations sérieuses. Dans ce contexte hospitalier de la BBC, le droit à mourir dans la dignité avait déjà fait l’objet d’un traitement  assez exhaustif il y a plusieurs mois, avec répercussions sur l’incompréhension des proches. Le problème est repris en force, puisque l’intéressé, atteint d’une tumeur au cerveau, est le médecin-chef d’un service d’urgence. Il sait mieux que quiconque l’évolution fatale à laquelle il est condamné et, meurtri de la décision prise par son administration de l’écarter de sa tâche à la suite d’absences et de confusions regrettables, il attend la mort dans une sorte de retraite solitaire semée de crises et de défaillances de plus en plus rapprochées et spectaculaires. Il a méticuleusement mis en ordre ses affaires, y compris son désir de ne pas être ranimé (qu’il a en outre clairement explicité à son collègue – a-t-il eu tort de ne pas le publier urbi et orbi ?). Tombé dans le coma à son hôtel, on le ramène  d’urgence en neurologie où, en l’absence du collègue au courant, la chirurgienne qui l’a aimé en secret s’efforce par tous les moyens de le rappeler à la vie, bien que sachant qu’il ne devrait survivre que sous forme de légume si l’opération réussit. Le problème est posé de façon aussi aiguë que tragique : toutes les mesures prises d’avance ne servent à rien si la perte de la parole interdit au mourant d’exprimer son refus de l’acharnement thérapeutique, et par sollicitude mal comprise on va piétiner ses dernières volontés. Il a gardé dans sa main fermée une ampoule libératrice qu’il allait s’administrer au moment de son coma – et son regard suppliant, un instant, réclame cette dernière aide. L’épisode à venir me renseignera sur le dénouement qui, comme les épisodes consacrés il y a quelques mois à une disparition via intervention en Suisse, me touche directement. Je vous en parlerai dès que j’en saurai plus.

                                                                                              Lucette DESVIGNES.

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