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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 17:06

 

 

La folie des grandeurs, c’est bien d’elle que relèvent les chorégraphies hilarantes de certains politiques au cours de ces trois ou quatre dernières semaines, celles que les présentateurs télé appellent le psychodrame national (parce qu’ils veulent prouver qu’ils ont du vocabulaire et puis parce qu’ils se copient tous les uns sur les autres), mais qui en réalité n’est que grotesque farce à épisodes lassants. Folie des grandeurs, oui, parce que chacun veut arriver au sommet : sommet du pouvoir, sommet de l’autorité, prééminence lors des discours et proclamations… Je trouve ahurissant ce désir d’être le premier, le plus grand,  le plus fort quand on n’a rien fait pour être reconnu tel. C’est un peu comme dans les maisons (immenses) de la jet set américaine, où l’on est accueilli par le portrait en pied des maîtres du lieu, deux mètres sur quatre au bas mot – une manière toute simple, immanquable, d’imposer sa personnalité. Ou encore le service fait par une armée de serviteurs noirs en gants blancs, dans des relents de post-colonialisme qui fleure encore bon l’esclavagisme (pas plus défunt chez eux que chez nous le pétainisme). D’ailleurs ne croyez pas que cette folie des grandeurs en gants blancs soit réservée aux Américains milliardaires : notre Jules Romains se payait volontiers ce caprice de grand de ce monde avant la dernière guerre – il est vrai qu’il se targuait d’être parmi les six ou sept sages qui à grands coups de discussions solennelles espéraient régler les problèmes d’une guerre mondiale imminente en pleine montée du nazisme… Dès qu’on se croit grand on ne s’avise guère qu’on devient fou : c’est de l’extérieur que c’est visible, les candidats à la grandeur, eux, ne se sentent pas pousser les œillères qui obstruent leur acuité visuelle.

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