Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 08:58

 

            Il n’y a rien de si lamentable, me semble-t-il (mais vous savez bien qu’à côté de mes opinions personnelles je laisse tout la place du monde pour les jugements des autres d’après leur propre montre), de si ridicule, de si grotesque, qu’un passage de cinéma ou de télévision destiné à faire mouiller les yeux des spectateurs et qui tombe à plat, pour médiocrité de l’exécution, pour faiblesse congénitale du texte, pour manque de doigté ou pour ignorance absolue des  données à respecter pour créer le pathétique. Au lieu de secréter une larme ou deux, j’ai plutôt le réflexe de me marrer quand c’est mal fait : je vois tous les défauts, les excès, les fautes de goût, c’est manqué si l’on veut me convaincre que la grande scène est déchirante. Il y a dans la mesure du pathétique un point à ne pas dépasser, sinon l’effet contraire risque de se produire. Je parle des spectateurs critiques, car les autres sont capables d’avaler n’importe quoi et tant mieux tant pis pour eux. Lorsque – rarement - le pathétique est bien compris, senti, réalisé, alors la tristesse peut gonfler soudain le cœur du spectateur, se transmettre à partir des personnages, circuler  entre la scène et la salle, mais il faut que la perfection soit présente. Je pense par exemple à la scène d’adieu entre Meryl Streep et Clint Eastwood dans « Sur la route de Madison », je crois qu’elle a touché le monde entier, même peut-être les rébarbatifs à tout crin à l’émotion. Voilà deux jours que je vois – et revois – ce qui pourrait bien être la fin des EastEnders, puisque quatre personnages (apparemment tout au moins) viennent de mettre un point final à une longue séquence narrative qui durait depuis plus d’un an. Une jalousie féroce et maligne s’exacerbe en un sommet de violence, les accusations contre lesquelles une innocente ne peut guère se défendre dressent le voisinage contre elle – on l’aide à se soustraire en hâte à la justice, mais la séparation d’avec la mère, en particulier, puis d’avec le protecteur, revêtent une tristesse mesurée juste, et le règlement de comptes reflète  un pessimisme absolu. Vous aimeriez aussi, j’en suis sûre.

                                                                                              Lucette DESVIGNES.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens